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    Soldados del Ejército de Jalifa Haftar (archivo)

    Le président du parlement de l'est de la Libye sur les objectifs et forces de Haftar

    © REUTERS / Esam Omran Al-Fetori
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    Aguila Saleh, président du parlement basé dans l'est de la Libye, a déclaré à Sputnik que le parlement constituerait un gouvernement national après la libération de la capitale libyenne des groupes armés.

    Le nouveau gouvernement libyen remplira ses fonctions officielles quand le parlement lui exprimera sa confiance, a déclaré à Sputnik Aguila Saleh, président du parlement basé dans l'est du pays. Par contre, pour lui, «le gouvernement de Fayez el-Sarraj est illégitime parce qu'il n'a pas reçu la confiance du parlement» et «le parlement ne travaillera d'aucune manière avec le gouvernement de Fayez el-Sarraj». 

    Question. Le chef du Gouvernement d'entente nationale (GEN) libyen, Fayez el-Sarraj, a envoyé mercredi une lettre au Conseil de sécurité des Nations unies l'appelant à intervenir pour défendre Tripoli contre l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar qui mène l'offensive. Que pouvez-vous dire de ces actions?

    «Bien évidemment, le ministre de la Défense dudit gouvernement d'entente voudrait maintenir un statu quo. C'est ce gouvernement qui a causé les crises actuelles en Libye. Il s'est déjà adressé au Conseil de sécurité des Nations unies quand l'armée libyenne menait des opérations au sud du pays. Il est étrange qu'on se plaigne à l'Onu d'une armée qui combat les terroristes. Je rappelle qu'à l'époque, le représentant russe auprès de l'Onu avait critiqué le représentant libyen du gouvernement d'el-Sarraj. La situation se répète aujourd'hui. Sachant que tout le monde sait ce qui s'est réellement passé au sud de la Libye».

    Question. Quel est le but de votre mémorandum adressé au Conseil de sécurité des Nations unies?

    «Nous indiquons dans ce document que l'armée libyenne agit de manière légitime parce que, premièrement, elle remplit tous les accords politiques antérieurs (de Skhirat, ndlr.) sur le retrait des groupes armées de la capitale Tripoli et d'autres régions de la Libye. Le gouvernement de Fayez el-Sarraj a utilisé des groupes armés à ses fins, qui ont capturé le gouvernement et pillent le Trésor. Deuxièmement, en 2014, le parlement a ordonné la dissolution de groupes armés à Tripoli.

    La Constitution de tout État accorde aux forces armées une protection constitutionnelle. La protection constitutionnelle signifie une protection des gens, de la propriété publique, des organisations publiques. Les actions de l'armée sont en accord avec les accords politiques conclus (de Skhirat, ndlr.), la Constitution et la décision du parlement libyen.

    Le gouvernement de Fayez el-Sarraj a libéré des criminels et leur a donné de l'argent pour qu'ils se battent contre l'armée libyenne. Je souligne que certains de ces criminels sont recherchés au niveau international.

    Nous avons assuré au Conseil de sécurité et à la communauté internationale que la vie des Libyens, leurs sanctuaires, leurs biens, leur sécurité et leur liberté étaient protégés par les soldats libyens. Il est inimaginable que des soldats attaquent des civils ordinaires, cas nous sommes tous de la même chair et du même sang».

    Question. Pourquoi votre parlement ne reconnaît-il pas le Gouvernement d'entente nationale?

    «Le gouvernement à qui le parlement a deux fois refusé le vote de confiance doit être dissous et formé à nouveau conformément aux normes parlementaires. La principale objection est que l'individu qui est chargé de la formation du gouvernement ne peut pas diriger l'État. De plus, il a été placé depuis l'étranger, personne n'avait avancé sa candidature.

    Le gouvernement de Fayez el-Sarraj est illégitime parce qu'il n'a pas reçu la confiance du parlement. A terme, le parlement ne travaillera d'aucune manière avec le gouvernement de Fayez el-Sarraj».

    Question. Y aura-t-il une réaction de la communauté internationale à la demande de Fayez el-Sarraj d'intervenir?

    «Ce n'est pas la première fois qu'il demande d'intervenir. Des Américains et des Indiens sont présents à Tripoli, c'est pourquoi le gouvernement est certain qu'il restera au pouvoir».

    Question. Pourquoi la loi sur le référendum n'a-t-elle pas été présentée à la population, comme l'affirme le gouvernement de Fayez el-Sarraj? (Selon les plans de Tripoli, le référendum devait être organisé par la commission électorale avant fin février 2019, ndlr.)

    «La loi a été transmise au Haut-Commissaire de l'Onu. Il a confirmé qu'elle était prête, même si le "gouvernement d'entente" n'a pas alloué d'argent au Haut-Commissariat».

    Question. Mais le Haut conseil d'État de la Libye (qui peut consulter le Gouvernement d'unité nationale provisoire et la Chambre des représentants, ndlr.) s'est opposé à la loi sur le référendum parce que de nouveaux articles y auraient été ajoutés.

    «Le Haut conseil d'État ne peut pas s'opposer à la loi sur le référendum. Il a seulement une capacité consultative sur les questions relatives au pouvoir législatif et judiciaire. Mais il ne peut pas empêcher le déroulement du référendum».

    Question. Comment voyez-vous le rôle de la Russie dans la situation actuelle en Libye?

    «La politique russe est fondée sur le respect de la souveraineté des autres pays. Elle coopère avec d'autres États sur une base de partenariat. D'autres Etats agissent différemment. Si, après la libération de Tripoli, la Russie avait la possibilité et la volonté de contribuer à un accord entre les forces politiques libyennes, nous le saluerions».

    Question. Est-il possible de conclure un accord maintenant?

    «Plusieurs fois, Fayez el-Sarraj a été assis à la même table des négociations que Khalifa Haftar. Ils sont tombés d'accord sur certaines questions, mais quand Sarraj revenait à Tripoli il réglait à nouveaux tous les problèmes par la force. Au final, aucun accord n'a été mis en œuvre».

    Question. Comment l'embargo sur les fournitures d'armes s'est-il reflété sur l'armée libyenne?

    «Suite à l'embargo, l'armée libyenne a eu besoin de temps pour préparer une opération contre les groupes armés».

    Question. Avec quoi l'armée libyenne combat-elle aujourd'hui?

    «L'armée utilise les armes prises aux groupes armés. Le porte-parole des forces armées libyennes a déclaré plusieurs fois que des armes modernes avaient été prises aux combattants. Nous combattons avec les armes que nous avons prises, des soldats forts et un commandement compétent».

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    Tags:
    gouvernement, offensive, parlement, intervention, ONU, Aguila Saleh, Fayez el-Sarraj, Khalifa Haftar, Libye
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