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    La Hongrie, exemple criant de l’échec des quotas sur les migrants

    Pourquoi la Suède menace-t-elle de sanctions d’autres pays de l’UE?

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    Le Premier ministre suédois, Stefan Lofven, prône des sanctions contre les pays de l’Union européenne qui refusent d’accueillir des réfugiés sur leur sol, notamment la Hongrie. Sputnik en a discuté avec le politologue Bill Ravotti, rédacteur du site V4 Report.

    Le chef du gouvernement suédois, Stefan Lofven, se déclare prêt à imposer des sanctions aux pays de l'UE refusant d'accueillir des réfugiés, notamment à la Hongrie. «S'ils ne sont pas prêts à en assumer la responsabilité, cela reviendra pour eux à ne plus toucher des fonds de l'UE comme aujourd'hui», a-t-il mis en garde. N'est-ce pas une menace à la souveraineté nationale des pays européens?

    «Tout le soi-disant Projet de l'UE représente une menace à la souveraineté et à l'intégrité de l'État national européen, qu'il s'agisse des directives de l'UE sur les armes, des quotas obligatoires sur les migrants ou de l'article 7 du traité sur l'Union européenne, utilisé à titre d'instrument politique pour essayer de modifier la législation nationale», a déclaré à Sputnik Bill Ravotti, rédacteur du site V4 Report, en réponse à cette question.

    Et d'ajouter que, finalement, il faudrait renoncer soit au super-État de l'UE, tel que nous le connaissons, soit à l'État national européen.

    «Nous croyons qu'au bout du compte, un éclatement se produira et l'UE deviendra beaucoup moins grande… Il se peut qu'il n'y reste que la France, l'Allemagne, l'Espagne, le Portugal, les pays du Benelux et certains autres États de l'UE de l'Ouest. L'Europe centrale et orientale et, peut-être, l'Italie s'engageraient dans leur propre voie, les différences culturelles étant trop flagrantes», a expliqué le politologue.

    Selon ce dernier, les déclarations du Premier ministre suédois sur des sanctions sont «sans importance».

    «Il essaie tout simplement de regrouper sa base électorale d'extrême-gauche en Suède», juge-t-il.

    L'expert n'exclut toutefois pas que certains pays européens finiraient par tenter de lier les fonds de développement de l'UE avec l'accueil des migrants.

    «Pourtant, l'octroi de fonds structurels ou d'investissements de l'UE aux pays du groupe de Visegrad a commencé bien avant la crise migratoire et n'a rien à voir avec les migrations», a souligné M.Ravotti.

    Et de rappeler que les entreprises occidentales étaient en fait les plus gros bénéficiaires de ces investissements, notamment en Hongrie.

    «Quelqu'un croit-il effectivement que l'Union européenne et l'Allemagne distribuent de l'argent pour rien?», s'est interrogé le rédacteur de V4 Report.

    Il a relevé que bien que le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies ait été formellement approuvé le 10 décembre dernier à Marrakech, 8 des 12 pays de l'Europe Centrale et Orientale ne l'avaient pas signé, ce qui était également un immense revers pour Berlin et Bruxelles.

    Les pays qui l'ont rejeté ont fait valoir qu'ils voulaient conserver une gestion nationale des flux migratoires.

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    quotas, migrants, Traité de Maastricht, investissements, V4 Report, Groupe de Visegrad, Sputnik, Union européenne (UE), Bill Ravotti, Stefan Lofven, Europe centrale, Europe de l'Est, Benelux, Portugal, Suède, Italie, Espagne, Hongrie, France, Allemagne
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