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Cancers, infertilité et troubles psychiques, tels sont les effets collatéraux de la «thérapie» appliquée par l’Otan à la Yougoslavie il y a une vingtaine d’années. Belgrade entend étudier et prouver le lien entre les bombardements de l’Alliance et les tendances médicales alarmantes dans le pays. Sputnik s’est entretenu avec des spécialistes.

En bombardant sciemment tous les sites qui étaient désignés comme dangereux pour l'environnement, l'Otan se livrait à un génocide, la destruction d'un tel site déclenchant inévitablement une catastrophe écologique dans toute la région, a déclaré à Sputnik la neurochirurgienne Danica Grujicic qui dirige le service de neuro-oncologie au Centre clinique de Serbie.

«Vingt ans après les bombardements de la Yougoslavie, nous constatons une augmentation du nombre de cancers, avant tout de lymphomes et de cas de leucémie, ainsi que de tumeurs malignes. Et le plus tragique est que nous avons 2,5 fois plus d'enfants atteints de cancer qu'en Europe», a noté l'interlocutrice de l'agence.

Et de constater que telle était la «carte médicale» de la nation deux décennies après l'«opération humanitaire» de l'Otan contre la Yougoslavie.

«Les maladies auto-immunes constituent un autre problème de taille. La Clinique d'allergologie et d'immunologie est aujourd'hui pleine à craquer. Tel n'a pas été le cas autrefois», a-t-elle indiqué.

Selon la spécialiste, le problème d'infertilité s'est beaucoup aggravé suite aux bombardements.

«Depuis, l'infertilité masculine a augmenté de 100% dans notre pays», a précisé Mme Grujicic.

Un autre interlocuteur de Sputnik, le psychologue Zarko Trebjesanin, qui avait travaillé avec des enfants à l'époque des bombardements de l'Otan, a relevé que l'état psychologique de bien des Serbes s'était notablement dégradé après cette agression.

«Il est significatif que 10 à 15 ans après, nous constatons une brusque croissance de la consommation de sédatifs ce qui montre à quel point les gens ont été traumatisés. […] On rencontre aujourd'hui de plus en plus de personnes en état d'excitation permanente ou, au contraire, en pleine apathie», a-t-il détaillé.

La neuro-oncologue Danica Grujicic est persuadée que la Serbie doit étudier et prouver les conséquences des bombardements, y compris à l'uranium appauvri, pour la santé de la population. Que c'est son devoir devant l'ensemble de l'humanité et les autres pays, victimes d'agression de l'Otan.

«La Serbie est le seul pays qui peut le faire à la différence notamment de la malheureuse Libye, de la Syrie, de l'Irak et de l'Afghanistan. Par conséquent, nous devons montrer au monde entier à quel point ce crime est monstrueux. Ils [l'Otan, ndlr] le savaient et bombardaient avec préméditation tous ces sites qui avaient toutefois été marqués comme à risques sur la carte. Autrement dit, tout en sachant qu'on provoquerait une catastrophe écologique, on larguait des bombes. Mais c'est un génocide pur et simple! L'Otan est une organisation génocidaire!», a conclu Mme Grujicic.

En 1999, pendant 11 semaines, l'Alliance atlantique a bombardé la Yougoslavie, territoire comprenant notamment la Serbie et le Monténégro actuels. Les avions de l'Otan ont largué près de 15 tonnes d'uranium appauvri sur le territoire serbe. Ce qui a pour résultante, qu'avec 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d'habitants, la Serbie arrive de nos jours en première position en Europe pour le nombre de décès dus au cancer.

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Tags:
médecine, cancer, génocide, environnement, santé, uranium appauvri, bombardements, Sputnik, OTAN, Zarko Trebjesanin, Danica Grujicic, Syrie, Afghanistan, Irak, Libye, Serbie, Yougoslavie
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