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    Les passagers d'un avion en vol

    Où est la place la plus sûre dans un avion en cas d’accident?

    © Sputnik . Natalia Seliverstova
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    Depuis le premier crash d’un avion qui a entraîné la mort d’un passager en 1908, la sécurité des vols aériens ne cesse de préoccuper les voyageurs. Ceux qui appréhendent de prendre l’avion se demandent où est la place la plus sûre en cas d’accident. Sputnik a essayé de trouver une réponse.

    En mai 1908, les frères Wright, pionniers de l’aviation, ont commencé à transporter des passagers à bord de leurs avions. En septembre de la même année, Thomas Etholen Selfridge a été le premier passager à être tué lors d'un accident aérien. Quelle est la meilleure place dans un avion où on peut voyager avec confort et en toute sécurité? Sputnik a étudié les données disponibles pour répondre à cette question.

    À l'avant?

    Les sièges avant sont généralement considérés comme assez confortables: il y a plus de place, on entend moins le bruit des moteurs, les turbulences sont moins ressenties et la sortie de l’appareil est plus proche. C’est dans cette partie que se trouvent les places de première classe. Mais le confort ne signifie pas toujours sécurité.

    Ce sont les passagers des zones vip qui ont le moins de chances de s’en sortir indemnes lors d’un crash ou d’une collision sur la piste, d’après des études réalisées par les magazines Popular Mechanics en 2007 et Time en 2015.

    Toutefois, en janvier 1985, un adolescent américain, George Lamson, a survécu lors d’un crash dans le Nevada alors qu’il était assis dans la partie avant de l’avion Lockheed L-188A Electra, d’après des médias

    Les débris de l'avion de Galaxy Airlines qui s'est écrasé le 21 janvier 1985 à Reno
    © AP Photo / Sal Veder
    Les débris de l'avion de Galaxy Airlines qui s'est écrasé le 21 janvier 1985 à Reno

    Il y a eu également des cas où les seuls survivants étaient des pilotes ou navigateurs. Le seul survivant du crash survenu en 1988 à Leninakan (aujourd'hui, Gyumri, en Arménie) était d'ailleurs un homme endormi à bord d'un KamAZ qui se trouvait dans la soute d'un avion de transport.

    Crash de l'avion de transport militaire Iliouchine Il-76 près de Leninakan, le 11 décembre 1988
    © Sputnik . Igor Mikhalev
    Crash de l'avion de transport militaire Iliouchine Il-76 près de Leninakan, le 11 décembre 1988

    Au milieu?

    Faut-il donc s’installer au milieu de l’appareil? Les places situées au niveau des ailes sont aussi assez confortables. Les secousses y sont moindres lors des turbulences. Mais c’est aussi à ce niveau que se trouvent les réservoirs de combustible qui risquent de prendre feu en cas de collision.

    En 1972, Vesna Vulovic, hôtesse de l'air serbe, a été la seule survivante de l'explosion d'un DC-9 alors qu’elle était assise au milieu de l’appareil, selon les médias.

    Vesna Vulovic, l'hôtesse de l'air serbe qui a survécu du crash du 26 janvier 1972 en Tchécoslovaquie
    © AFP 2019 HANDOUT
    Vesna Vulovic, l'hôtesse de l'air serbe qui a survécu du crash du 26 janvier 1972 en Tchécoslovaquie

    Selon Popular Mechanics, les chances de survie y sont meilleures que pour les passagers assis à l’avant, mais pires que pour les personnes se trouvant à l'arrière. D’après ce magazine, le taux de survie est de 56% pour les passagers assis au niveau des ailes en classe économique contre 49% pour les passagers se trouvant à l’avant, alors que selon le Time, les chances sont presque égales pour les personnes logées à l’avant et au milieu (39% et 38%).

    À l’arrière?

    Le vol des passagers assis à l’arrière de l’avion est moins agréable car on y sent davantage les turbulences. Mais, d’après les statistiques, on y aurait plus de chances de survivre à une situation d’urgence: les accidents se produisent le plus souvent au moment du décollage ou de l’atterrissage et le nez de l’avion reçoit alors le plus grand choc, tandis que la queue reste plus ou moins intacte.

    En 1981, une étudiante soviétique de 20 ans, Larissa Savitskaïa, a été la seule des 38 personnes à survivre au crash survenu après la collision de son avion avec un bombardier. Elle était assise à l'arrière, selon le journal russe Troud.

    Larissa Savitskaïa, la seule survivante du crash du 24 août 1981 à Zavitinsk
    © Sputnik .
    Larissa Savitskaïa, la seule survivante du crash du 24 août 1981 à Zavitinsk

    D'ailleurs, il vaut mieux ne pas trop se fier aux statistiques. Lors du récent incendie qui s’est déclaré à bord d’un avion d’Aeroflot lors de son atterrissage d’urgence à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo, 41 des 78 personnes se trouvant à bord ont péri. C’étaient surtout des passagers logés à l’arrière qui n’ont pas eu le temps d’atteindre la sortie de secours à l’avant de l’appareil, la sortie arrière étant bloquée.

    Près des sorties de secours?

    Les sièges au niveau des issues de secours sont les plus prisés car on y a de la place pour les jambes. En outre, on a le plus de chances de quitter l’avion en cas de soucis. Mais ceux qui occupent ces places doivent être en mesure d’aider l’équipage en cas d’évacuation. C’est pour cette raison qu’on y place le plus souvent des personnes fortes et en bonne santé, alors que les personnes âgées ou avec des enfants n’y sont généralement pas placées.

    Une hôtesse de l’air, interrogée par Sputnik à ce sujet, a noté:

    «Tous les sièges de l'avion sont tout aussi sûrs mais pensez-y: si vous achetez une place à côté de la sortie de secours, nous pourrions avoir besoin de votre aide lors de l'ouverture des portes en cas d'évacuation».

    Côté hublot ou près des rangées?

    Les places côté hublot permettent de dormir tranquillement sans pour autant être importuné par des voisins et de s’isoler le plus possible en se tournant de ce côté.

    Mais le magazine Time, qui a étudié les données de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine, conseille toutefois d’opter pour un siège de la rangée du milieu à l’arrière de l’appareil qui offrirait des chances de survie de 72%, alors que les places au milieu de la cabine par rapport aux ailes ont un taux de mortalité de 44%, d’après ces données.

    Quoi qu’il en soit, l’histoire des crashs montre que la survie ne dépend pas de la place où on est assis, mais du type de problèmes rencontrés par l’avion. S’agit-il d’un attentat, d’un atterrissage dans l’eau, d’une collision dans l’air ou sur la piste, d’un atterrissage d’urgence ou de défaillances techniques. Si la queue de l'aéronef subit un impact, les passagers du centre ou de l'avant peuvent s'en sortir mieux que ceux de l'arrière.

    Lors d’une interview à Sputnik, Anna, une hôtesse de l’air d’Emirates, a indiqué:

    «Le siège le plus sûr n'existe pas. Tout siège le devient lorsque vous attachez votre ceinture de sécurité».

    Il y a plusieurs façons d’accroître les chances de survie dans un avion. Il faut porter attention aux consignes des membres d’équipage avant le décollage, connaître le nombre de rangées qu’il faudra franchir pour atteindre la sortie de secours la plus proche, et se préparer à toutes éventualités en cas de collision.

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    guide de survie, avion, passager, siège, avions civils, sécurité, crash d'avion, Popular Mechanics, Administration fédérale de l'aviation (FAA) des Etats-Unis, Time, Thomas Etholen Selfridge, Vesna Vulovic, frères Wright
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