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    La justice a tranché sur l’expert de l’Onu emprisonné depuis deux mois en Tunisie

    © REUTERS / Carlo Allegri
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    Moncef Kartas, expert de l'Onu germano-tunisien qui travaille sur les violations de l'embargo concernant les livraisons d'armes vers la Libye et qui était accusé d'espionnage en Tunisie, a été remis en liberté le 21 mai après presque deux mois de prison.

    L'expert onusien Moncef Kartas a été libéré mardi 21 mai par la justice tunisienne, qui s'était pourtant montrée intransigeante dans un premier temps.

    Sa libération a été décidée à la suite d'une demande de ses avocats, bien que l'enquête et l'instruction se poursuivent.

    «Il a quitté le pays», a déclaré aux journalistes l'ambassadeur allemand aux Nations unies, Christoph Heusgen cité par l'AFP.

    Il a fait remarquer que pour le Germano-Tunisien Moncef Kartas, cette arrestation était «une violation d'obligations internationales» et «des règles de l'Onu» par la Tunisie.

    «C'est quelque chose qui ne doit pas se reproduire», surtout de la part «d'un pays qui cherche à faire partie du Conseil de sécurité», a insisté Christoph Heusgen.

    Moncef Kartas est parti rejoindre sa famille à Berlin, a noté pour sa part son avocat cité par Jeune Afrique.

    «C'est son droit absolu car il n'y a pas d'interdiction de voyage à son encontre. Il reste à la disposition de la justice tunisienne pour les besoins de l'enquête», a déclaré Me Mohamed Mannoubi Ferchichi.

    Toutefois, il reste poursuivi en Tunisie pour avoir «collecté des informations en relation avec le terrorisme de façon non officielle», précise la justice tunisienne.

    Par ailleurs, un magistrat qui a souhaité garder l'anonymat, a confié à Jeune Afrique que cette libération était «un signe révélateur».

    «Le dossier n'est peut-être pas aussi consistant qu'il semblerait, sinon le magistrat instructeur n'aurait pas accédé à la demande de la défense», a-t-il expliqué.

    En effet, la défense de Moncef Kartas a réussi à démontrer que les services de l'Onu étaient au courant de l'utilisation par leur expert des équipements d'interception et de brouillage de communications, ainsi que du matériel pour le balayage radio. Elle a indiqué que l'un des appareils, un RTL-SDR, soumis à une autorisation en Tunisie, lui servait «uniquement pour la surveillance du trafic aérien à destination de la Libye, afin d'identifier les vols susceptibles d'être liés à des violations de l'embargo sur les armes».

    L'expert des Nations unies Moncef Kartas avait été arrêté le 26 mars à l'aéroport de Tunis, avec une autre personne, par les forces de sécurités tunisiennes en raison de soupçons d'espionnage, avait indiqué un communiqué du ministère de l'Intérieur publié sur son site officiel.

    L'Onu avait pour sa part souligné «le maintien de l'immunité» diplomatique de Moncef Kartas et avait demandé à Tunis d'abandonner toutes les poursuites judiciaires à son encontre et «de le libérer immédiatement».

    Tags:
    espionnage, brouillage, action en justice, arrestation, immunité diplomatique, livraisons d'armes, défense, violations, avocat, libération des prisonniers, justice, AFP, Jeune Afrique, ONU, Moncef Kartas, Tunis, Berlin, Libye, Tunisie
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