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    Theresa May et Donald Trump

    Un professeur à la City University de Londres: «Trump cherche à affaiblir l’UE»

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    Avec ou sans accord: Londres et Bruxelles au seuil du Brexit (2019) (78)
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    Donald Trump arrive lundi 3 juin en visite d’État de trois jours au Royaume-Uni, alors que la Première ministre Theresa May s’apprête à quitter son poste le 7 juin et que la lutte pour le poste de chef du Parti conservateur se poursuit. Sputnik s’est entretenu avec un professeur de politique internationale à la City University de Londres.

    Il y a bientôt trois ans, les Britanniques votaient pour la sortie de l'Union européenne. L'incapacité du gouvernement à réaliser le Brexit a plongé le Royaume-Uni dans une crise profonde. Et le Président états-unien Donald Trump a été l'un des principaux critiques de Theresa May pour sa gestion du Brexit. Exposée à une forte pression, la Première ministre britannique a finalement annoncé le 24 mai sa démission du poste de leader du Parti conservateur. À l'heure actuelle, la question porte sur l'identité du futur chef du parti et, par conséquent, du gouvernement.

    L'ancien secrétaire au Foreign Office «Boris Johnson est le favori de Trump qui le soutient», a rappelé à Sputnik Inderjeet Parmar, professeur de politique internationale et chef de ce département à la City University de Londres.

    Dans une interview au journal The Sun, publiée vendredi 31 mai, Donald Trump a confirmé son soutien à Boris Johnson. «Je pense que Boris s'en acquittera très bien. Je pense qu'il sera excellent», a notamment déclaré le Président états-unien.

    Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a pour sa part critiqué sur Twitter le Président des États-Unis pour son «ingérence» dans la politique intérieure du Royaume-Uni:

    «La tentative du Président Trump de décider qui sera le prochain Premier ministre britannique est une ingérence absolument inadmissible dans la démocratie dans notre pays.

    Le prochain Premier ministre ne doit pas être élu par le Président des États-Unis ni par 100.000 membres non représentatifs du Parti conservateur, mais par les Britanniques à des élections générales».

    Dans son entretien à Sputnik, Inderjeet Parmar donne son explication de l'intérêt qu'aurait Donald Trump à ce que le Royaume-Uni se retire de l'Union européenne.

    «Trump cherche à affaiblir l'Union européenne, lui coupant le Royaume-Uni, affaiblissant ainsi les deux parties tout en confortant la positions des États-Unis pour leur ouvrir les marchés britanniques, notamment dans les domaines des finances et de la santé, ainsi que dans la sphère des denrées alimentaires sur fond de régulation beaucoup plus faible de la qualité», a détaillé le professeur.

    Et d'ajouter que Washington avait néanmoins toujours besoin de l'Europe, les relations des États-Unis avec la Chine ne cessant de se dégrader.

    «À cause de la guerre commerciale avec la Chine, les États-Unis ont besoin d'alliés afin de maintenir leur pression et contenir les programmes chinois hautement technologiques "Made in China 2025"», a expliqué M.Parmar.

    D'après lui, bien que comme lors de son précédent voyage au Royaume-Uni, en juillet 2018, l'actuelle visite du Président états-unien ait suscité de nombreux appels à manifester, Londres et Washington restent très proches.

    «Le Royaume-Uni et les États-Unis sont très proches sur les plans stratégique, économique et culturel» et «une profonde alliance à long terme unit les deux parties et ce même si le Royaume-Uni n'en est que le partenaire cadet», a résumé le politologue.

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    pressions, alliés, marché, démission, partis politiques, premier ministre, Brexit, Foreign Office, City University de Londres, Union européenne (UE), Sputnik, Parti travailliste (Royaume-Uni), Parti conservateur (Royaume-Uni), Jeremy Corbyn, Boris Johnson, Inderjeet Parmar, Theresa May, Donald Trump, Chine, Europe, États-Unis, Royaume-Uni
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