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     Un avion de ligne en atterrissage

    Comment notre corps réagit aux longs voyages en avion

    © Sputnik . Maksim Blinov
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    Des chercheurs ont calculé que les chances de contamination par le virus de la grippe augmentaient de 80% pour les passagers d'un avion assis à côté d'une personne malade. Un long vol comporte aussi un risque d'aggravation pour les personnes souffrant de thrombophlébite. Par contre, il ne faut pas craindre d'être atteint par de fortes radiations.

    Que se passe-t-il dans notre organisme lors d'un vol et quelles sont les répercussions d'un voyage en avion pour la santé?

    Le syndrome de la classe économique

    A grande altitude, l'organisme se retrouve dans des conditions assez spécifiques. Tout d'abord à cause de la basse pression partielle de l'oxygène - la raison pour laquelle des alpinistes utilisent des masques à oxygène en montagne. Dans le salon hermétique d'un avion de ligne, la pression est maintenue approximativement comme à une altitude comprise entre 1.800 et 2.400 mètres. C'est supportable, mais cela reste inférieur à la pression habituelle pour ceux qui vivent dans les plaines et en bord de mer.

    Au fur et à mesure que l'altitude augmente et que la pression dans l'avion diminue, l'organisme commence légèrement à «bouillir». Les gaz dissous dans nos liquides forment des bulles et cherchent à sortir. Certains le ressentent comme des picotements dans les oreilles ou même des météorismes dans l'intestin. La descente de l'appareil est, au contraire, ressentie par une pression sur les tympans et les sinus du nez, ce qui peut s'avérer douloureux. Mais dans l'ensemble, les passagers supportent normalement ces variations de pression.

    Un autre problème lié à l'altitude passe généralement inaperçu également: la température extérieure inférieure à -50°C. Une température confortable est maintenue dans l'avion et l'humidité est réduite à environ 20%. C'est pourquoi il est possible d'avoir des sensations de peau sèche, d'irritation du nasopharynx, de tousser et d'éternuer durant le vol.

    Mais tout cela est bien insignifiant par rapport à l'hypodynamie. Assis dans la même position dans un fauteuil étroit, même pendant une courte période, n'est pas confortable, voire dangereux pour les vols supérieurs à 3 heures.

    L'hypodynamie risque d'aggraver ou de provoquer la thrombophlébite - inflammation de la paroi veineuse conduisant à l'apparition de thrombus. Cela affecte essentiellement ceux qui voyagent en classe économique. C'est la raison pour laquelle les médecins préconisent aux personnes âgées et dans le groupe à risque de bander leurs jambes ou de porter des bas de contention, qui compressent les veines superficielles pour que le flux sanguin se dirige via les veines profondes. Il est également préférable de se dégourdir périodiquement, de marcher dans le salon de l'avion et de s'hydrater.

    Les scientifiques de l'université fédérale de Minas Gerais (Brésil) notent que les conditions à bord contribuent significativement à la thrombophlébite, qui peut se développer quelques jours ou semaines après le vol à cause de l'immobilité, de l'hypoxie élevée (à cause de la basse pression partielle de l'oxygène), et de l'humidité basse.

    Les personnes obèses, qui recourent à la contraception hormonale ou à un traitement hormonal substitutif, ainsi que les personnes atteintes du cancer, font partie du groupe à risques. Un rôle important est également joué par la prédisposition génétique aux thrombus, l'âge, les mauvaises habitudes et d'autres facteurs.

    La dose de rayonnement

    Le rayonnement solaire, et surtout cosmique, peut endommager les cellules ADN. Certes, l'organisme dispose de nombreux mécanismes de rétablissement, de «réparation» des porteurs d'information génétique. Mais si les dommages sont trop nombreux où trop importants, comme les cassures double-brin de l'ADN, les tissus ne parviennent pas à se régénérer et des mutations s'accumulent dans les gènes, ce qui entraîne des problèmes de santé et de comportement.

    Sur la terre ferme, nous sommes protégés contre les rayons cosmiques et le rayonnement solaire par l'atmosphère. Plus nous prenons de l'altitude, plus cette dernière est mince et plus nous sommes exposés au rayonnement. La coque d'un avion bloque seulement les UV, mais les autres rayonnements, plus durs, la traversent. Cependant, les doses absorbées sont minimes: environ 3 microsieverts par heure.

    La revue Scientific American a calculé la dose de rayonnement reçue par l'homme d'affaires Tom Stuker, le passager qui avait le plus voyagé au monde en 2017 - en 14 ans, il avait survolé presque 30 millions de km. Son risque de contracter le cancer n'a augmenté que de 0,5%.

    La dose de rayonnement reçue en deux vols de 7 heures est équivalente à celle d'une radio du thorax.

    Du rhume à la trépanation

    L'hôpital de Perth, en Australie, a un jour admis un patient âgé de 31 ans se plaignant d'avoir le nez bouché, de bruits dans les oreilles et de douleurs au visage. Il s'est avéré qu'il se rendait au travail par avion toutes les deux semaines.

    Les médecins ont soupçonné une inflammation de la mastoïde et ont procédé à une tomographie de la tête. L'image a mis en évidence une grande cavité remplie d'air et le patient a dû subir une trépanation du crâne.

    Il s'agit du quatrième patient décrit dans la littérature scientifique souffrant de pneumocéphale en raison de vols fréquents. Malgré sa rareté, les scientifiques pensent que les personnes qui prennent souvent l'avion se trouvent dans le groupe à risques.

    Voler avec un virus

    Le changement de fuseau horaire peut déséquilibrer l'horloge interne de l'organisme et lui faire éprouver de la fatigue et des insomnies. La tension nerveuse et le stress peuvent s'accumuler s'il faut travailler tout la journée avant de reprendre l'avion. Tout cela affaiblit directement le système immunitaire et rend l'organisme vulnérable face aux infections. Dans cet état, même la microflore intérieure peut devenir une source d'inflammation, sans parler des agents pathogènes de maladies dangereuses.

    On sait depuis longtemps que la communication aérienne contribue à la propagation d'infections particulièrement dangereuses. L'épidémie actuelle de rougeole aux États-Unis est principalement due aux visiteurs d'autres pays où la situation de ce virus est défavorable, selon les conclusions récentes des chercheurs américains, canadiens et australiens.

    Tandis que la plupart des habitants des pays développés sont protégés contre la rougeole par les vaccins, il n'existe souvent pas de protection contre d'autres infections comme la fièvre dengue et les différentes souches de grippe. Toutefois, il ne faut pas céder à la panique.

    Des chercheurs de l'université Emory (USA) ont décidé d'évaluer la probabilité d'être contaminé par la grippe durant les vols transcontinentaux. Ils sont partis du principe que l'infection était transmise par la voie respiratoire, et donc que le déplacement des passagers et des membres de l'équipage contribuaient à sa propagation. L'expérience durant les vols réels a montré que ceux qui étaient assis à proximité immédiate d'un malade, dans un rayon d'une rangée et de deux sièges sur les côtés, avaient un risque supérieur à 80% d'être contaminés, contre seulement 3% pour les autres.

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    Tags:
    maladies, chercheurs, risques, santé, voyages, avion
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