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    Supermarché vénézuelien

    Au Venezuela, «l’inflation monte en ascenseur, alors que nous montons l’escalier à pied»

    © Sputnik . ESTHER YÁÑEZ ILLESCAS
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    Selon la Banque centrale du Venezuela (BCV), en 2018, l’inflation a été de 130.060% dans ce pays qui avait dépassé le seuil de l’hyperinflation (plus de 50% par mois) en décembre 2017. Depuis, les prix ne cessent de grimper, compliquant sérieusement la vie à la population. Sputnik en a discuté avec des Vénézuéliens, dont deux économistes.

    Les exportations pétrolières représentaient 98% des revenus du Venezuela, mais à cause des sanctions imposées par les États-Unis, le gouvernement de Nicolas Maduro n’a plus accès à ces milliards de dollars qui étaient destinés à payer les importations de produits alimentaires, de biens et de services de première nécessité.

    «Les gens y sont maigres non parce qu’ils ne mangent pas, mais parce qu’ils marchent beaucoup à la recherche d’un meilleur prix», a raconté à Sputnik une Vénézuélienne qui a préféré rester anonyme.

    Par contre, sa voisine n’a pas caché son nom et a appris à l’agence qu’elle s’appelait Belkys, avait 50 ans et travaillait comme couturière.

    «L’inflation monte en ascenseur, alors que nous montons l’escalier à pied», a-t-elle affirmé citant des économistes décrivant l’actuelle situation au Venezuela.

    Et d’ajouter que la quasi-totalité des Vénézuéliens vivaient à présent au jour le jour.

    «D’habitude, je fais mes courses le lundi, quand mes fils me donnent de l’argent. Je marche beaucoup à la recherche de meilleurs prix dans différents magasins et dans divers marchés. Les prix varient toujours. J’achète du fromage, du jambon cru espagnol, des œufs, des légumes et certains fruits. Bref, des produits qui ne font pas partie du soi-disant panier», a détaillé la femme.

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    Belkys au supermarché

    Le panier évoqué par Belkys, ce sont des subventions à la nourriture qui sont distribuées à travers tout le Venezuela par les Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP). Ils approvisionnent en denrées alimentaires de base près de six millions de familles. Par ailleurs, le troc est également devenu très courant dans le contexte de l’hyperinflation au Venezuela.

    Toujours à cause des sanctions imposées par Donald Trump, Caracas ne peut plus financer et refinancer sa dette extérieure, a rappelé à Sputnik l’économiste vénézuélien Tony Boza.

    «Le Venezuela n’a plus d’accès aux prêts et même s’il en obtient, il doit rembourser des intérêts qu’aucun autre pays du monde ne paie», a poursuivi M.Boza.

    Selon ce dernier, un prêt que n’importe quel autre pays pourrait obtenir pour seulement 3% annuels, reviendrait au Venezuela à 53%.

    Un autre économiste vénézuélien, Luis Salas, rédacteur du site 15yUltimo, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik que les sanctions états-uniennes contre le Venezuela étaient un «siège moyenâgeux» et, comme n’importe quel siège, un «terrorisme contre la population». En effet, ces sanctions font souffrir Belkys et sa voisine qui courent chaque jour, du matin au soir, à la recherche de nourriture à bas prix pour économiser au moins quelques bolivars.

    Touché par les sanctions américaines, le Venezuela est confronté ces dernières années à une grave crise économique. La situation économique tendue, accompagnée d’une récession brutale, d’une hyperinflation et d’un déficit croissant de biens de première nécessité, s’est considérablement aggravée avec les troubles politiques.

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    Tags:
    terrorisme, population, hyperinflation, Nicolas Maduro, Donald Trump, États-Unis, Venezuela
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