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    Iran: «L’échec absolu des Européens face à l’impérialisme américain»

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    Louis Doutrebente
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    L’Iran va-t-il se retrouver seul face à l’agressivité des États-Unis? Désalliances a posé la question à l’avocat Ardavan Amir-Aslani. Analyste de la géopolitique du Moyen-Orient, ce franco-iranien dénonce le fait que «tout le monde se couche face à la domination économique et militaire américaine» dans le dossier iranien.

    L’Iran va-t-il sortir de l’accord de Vienne signé il y a tout juste quatre ans? Ne tirant aucun bénéfice d’avoir respecté ses engagements, Téhéran cherche à mettre au pied du mur les pays qui voudraient conserver l’accord, à commencer par les Européens.

    En effet, ces derniers ne sont pas parvenus à mettre en œuvre leurs multiples promesses, dont le fonctionnement d’INSTEX. Cette société a été créée en janvier 2019 par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni afin de permettre les échanges commerciaux avec l’Iran sans utiliser le dollar américain. Elle devait permettre de contourner les sanctions américaines établies depuis que Donald Trump a unilatéralement décidé de sortir des États-Unis de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien et de réimposer de sanctions, une démarche considérée comme du «terrorisme économique» par Téhéran.

    Ardavan Amir-Aslani, avocat franco-iranien, cofondateur du cabinet Cohen Amir-Aslani qui possède un bureau à Téhéran, était l’invité de Désalliances. Il considère que devant «l’échec absolu des Européens», l’Iran opte peu à peu pour une ligne dure en annonçant depuis mai dernier qu’il s’affranchirait progressivement de certaines clauses de l’accord. Ainsi, la barre de 3,67% d’uranium enrichi a été franchie ce 8 juillet, passant à un taux de 4,5%.

    Cette nouvelle politique signifie pour Ardavan Amir-Aslani que les conservateurs ont repris la main en Iran et que le Président Rohani ainsi que son ministre des Affaires étrangères, Zarif, doivent démissionner. Ces derniers ont en effet échoué à convaincre les parties prenantes au Plan d’Action Global Commun (JCPOA, l’accord sur le nucléaire iranien) d’aider l’Iran à contourner les sanctions extraterritoriales américaines afin de vendre son pétrole et de sortir son système financier de l’isolement.

    L’essayiste, auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la géopolitique du Moyen-Orient souligne que, quatre ans après la signature de cet accord historique, la situation économique et sociale de l’Iran est catastrophique: l’inflation et le chômage ont explosé et les ventes de pétrole, qui représente 40% des recettes de l’État, ont diminué drastiquement, passant de 3 millions de barils par jour à environ 300.000 aujourd’hui.

    Au-delà des Européens, Ardavan Amir-Aslani rappelle que ni la Chine ni la Russie, qui achètent officieusement de faibles quantités de pétrole à l’Iran, ne sont en mesure de contrecarrer la politique américaine.

    L’Iran est donc bien seul face à l’impérialisme américain notamment soutenu au Moyen-Orient par Israël. En effet, Benjamin Netanyahu, qui a dénoncé cet accord, pousse les potentiels partenaires de l’Iran à adopter une ligne plus dure vis-à-vis de Téhéran. Auteur d’un ouvrage sur l’influence du religieux dans la politique, Ardavan Amir-Aslani revient aussi sur cette alliance entre Israël et les évangélistes messianiques dans ce conflit avec la République islamique.

    Au pied du mur, l’Iran s’engage donc sur une voie dangereuse, mais qui pourrait portait ses fruits si Téhéran parvient à rétablir des discussions avec Trump, estime Ardavan Amir-Aslani. En effet, ce dernier pourrait souhaiter un accord avec l’Iran qui lui permettrait de booster sa candidature à l’élection présidentielle de 2020.

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    Tags:
    France, États-Unis, Israël, Iran
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