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     lancement de missile par la Corée du Nord

    Un deuxième tir de missiles nord-coréens en moins d'une semaine: un avertissement à Séoul et à Washington?

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    Alors que les Sud-Coréens et leurs alliés américains s’apprêtent à mener des exercices militaires conjoints, la Corée du Nord a procédé à un nouveau tir de missiles balistiques à courte portée, une semaine à peine après ceux du 25 juillet. Sputnik s’est entretenu avec un spécialiste sud-coréen à ce sujet.

    La portée exacte, l’altitude et les particularités de vol des missiles tirés étant encore inconnues, il pourrait aussi bien s’agir de missiles sol-air que d’un système de fusée à lancement multiple, a commenté pour Sputnik Kim Dong-yup, professeur à l'Institut d'étude de l'Extrême-Orient auprès de l'université Kyungnam, le tir de deux missiles balistiques à courte portée réalisé par la Corée du Nord mercredi 31 juillet.

    Pourquoi deux essais en si peu de temps?

    «En se référant à l’altitude de 30 km et au parcours de 250 km, annoncés préalablement, on peut supposer que la Corée du Nord a lancé une version modifiée de ses Iskander, bien que d’autres explications soient tout à fait possibles», estime Kim Dong-yup.

    D’après lui, il n’est pas à exclure que la Corée du Nord ait tout simplement voulu montrer divers tirs et vols de ses Iskander modifiés, dont la portée, l’altitude et la nature du vol se distinguent de celles des essais des 4 et 9 mai, et du 25 juillet.

    «Si le missile tiré le 25 juillet a volé à une altitude de 50 km et a parcouru 600 km, prouvant ainsi la possibilité de neutraliser nos capacités de défense antimissile, Pyongyang pourrait désormais procéder à un tir de missiles que le THAAD ne pourrait intercepter, notamment à une altitude de moins de 40 km et à la portée allant de 400 à 500km», détaille l’expert militaire sud-coréen.

    Pyongyang envoie un message

    Il a ajouté que les derniers tirs de missiles effectués par la Corée du Nord constituaient sans aucun doute un message envoyé par Pyongyang à 60% à la population nord-coréenne, à 30% à la Corée du Sud et à 10% aux États-Unis.

    «Après les tirs du 25 juillet, Trump a déclaré que ceux-ci ne représentaient pas de danger, une sorte d’indulgence accordée aux Nord-Coréens», rappelle Kim Dong-yup.

    Dans ces conditions, estime-t-il, sous prétexte d’une augmentation des dépenses de l’armée sud-coréenne et de ses exercices tenus conjointement avec les États-Unis, Pyongyang mène lui aussi ses manœuvres d’été, contribuant ainsi à plus de cohésion à l’intérieur du pays et  remontant le moral des troupes nord-coréennes.

    «Les manœuvres d’été nord-coréennes sont prévues jusqu’à fin août, et les exercices militaires conjoints [américano-sud-coréens, ndlr] se dérouleront également pendant cette période. Et tout porte à croire que nous verrons encore de nouveaux tirs de missiles ou une démonstration ouverte des manœuvres de Pyongyang», résumé le professeur.

    La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques à courte portée le 31 juillet au matin, seulement six jours après ses précédents essais auxquels a assisté le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et que la Corée du Nord a décrit comme une mise en garde à l'égard de son voisin du Sud pour sa coopération militaire avec les États-Unis.

     

    Tags:
    exercices militaires, tir de missiles, États-Unis, Corée du Sud, Corée du Nord
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