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Jacques Chirac est décédé (29)
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Vladimir Poutine a assisté ce 30 septembre au service solennel à Saint-Sulpice pour les obsèques de Jacques Chirac. Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, revient dans L’Opinion sur les relations entre les deux hommes et les sentiments de Jacques Chirac pour l’âme russe à laquelle il est resté «le plus profondément attaché».

Vladimir Poutine et Jacques Chirac avaient des relations personnelles étroites, aussi le chef d’État russe a-t-il tenu à rendre un dernier hommage à l’ancien Président français en assistant à ses obsèques à Paris. Il était d’ailleurs le seul des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies à être présent, constate dans un article publié par L’Opinion Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe.

Ce fait témoigne également du caractère exceptionnel des relations franco-russes, estime-t-il, faisant remarquer qu’Emmanuel Macron semble décidé à se pencher sur un partenariat bilatéral renouvelé.

Revenant sur l’historique des rapports entre Vladimir Poutine et Jacques Chirac, Arnaud Dubien constate que les choses n’avaient pas bien commencé. Le nouveau Président russe avait d’abord misé sur Tony Blair, espérant établir par son biais un pont avec les États-Unis. Germanophone et germanophile, il avait rapidement lancé le dialogue avec Gerhard Schröder. Mais, Paris se montrant critique au sujet de la guerre de Tchétchénie, les contacts entre les deux Présidents n’ont pas été au beau fixe dès le début.

Ce n’est qu’en octobre 2000 que les deux hommes se sont découverts, à l’occasion d’un sommet Russie-UE.

L’année charnière

Puis 2003 a été une année très importante pour les deux pays. Les vues de la Russie et de la France étant convergentes sur le dossier irakien, une confiance réelle est venue s’installer entre les deux Présidents et l’année suivante, Vladimir Poutine a invité Jacques Chirac au centre de commandement des forces spatiales russes: jamais aucun autre dirigeant d’un pays membre de l’OTAN n’avait eu cette opportunité.

Lors de la Révolution orange en Ukraine, fin 2004, Jacques Chirac a cherché à arrondir les angles, comprenant que l’Ukraine était un pays sensible pour Moscou, poursuit Arnaud Dubien, rappelant que le Président français s’était opposé à ce que l’Otan octroie une feuille de route à Kiev, position qui sera poursuivie par ses successeurs à l’Élysée.

De Gaulle et Chirac

Il constate qu’à la différence de la russophilie du général De Gaulle, qui découlait de la mémoire des combats partagés pendant les deux Guerres mondiales et de sa volonté de faire contrepoids à l’Allemagne, celle de Jacques Chirac était littéraire et humaine.

Arnaud Dubien rappelle que Jacques Chirac avait traduit dans sa jeunesse le roman en vers de Pouchkine Eugène Onéguine et qu’un grand rôle y était revenu à son professeur de russe, Vladimir Belanovitch, un ex-diplomate de la Russie tsariste ayant quitté le pays après la Révolution de 1917, qui l’avait aidé à connaître l’âme russe.

Cette âme «qui est une de celles, dans le monde, auxquelles je suis resté le plus profondément attaché», a écrit Jacques Chirac dans ses mémoires.

«Un homme très intéressant»

D’ailleurs, dans une interview publiée par le Financial Times le 28 juin dernier, Vladimir Poutine avait déclaré admirer Jacques Chirac, «un homme équilibré très intéressant», qui avait, quand il était Président, «sa propre opinion sur chaque question» et qui «traitait toujours ses partenaires avec respect».

Un service solennel a réuni lundi 30 septembre à l'église Saint-Sulpice plusieurs chefs d’État et de gouvernement étrangers, dont Vladimir Poutine. Une journée de deuil national a été proclamée en France.

Un hommage populaire a eu lieu dimanche après-midi aux Invalides. Des milliers de Français endeuillés ont fait la queue sous la pluie pour rendre un dernier hommage à l’ancien Président mort jeudi, à 86 ans, et laisser un mot dans les livres d’or.

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