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Ankara a lancé son opération dans le nord de la Syrie, alors que le Pentagone a refusé de livrer les coordonnées aériennes aux forces armées de la Turquie. Par ailleurs, Donald Trump a annoncé le retrait des militaires américains de Syrie. Sputnik a abordé le sujet avec trois hommes politique turcs.

La Turquie a lancé une opération militaire en Syrie, alors que, comme l’a précisé le Président états-unien, les 50 à 100 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie n’ont pas été retirés du pays, mais seulement redéployés des secteurs proches de la frontière turque vers des zones plus sûres. Les États-Unis ont aussi exclu la Turquie des opérations aériennes en Syrie.

En Turquie, on a toujours regardé avec suspicion les patrouilles aériennes conjointes réalisées dans le nord de la Syrie suite à un accord passé entre Ankara et Washington, a avoué à Sputnik Yildirim Tugrul Turkes, député turc du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir).

«Cela n’a donné aucun résultat. À chaque fois que la Turquie a fait preuve d’une détermination ferme, l’Amérique a soutenu l’autre partie du conflit. […] S’agit-il vraiment du retrait des soldats américains? […] Qui vivra verra», estime le député de l’AKP pour Ankara.

Et d’ajouter que la Turquie avait quant à elle de nombreux défis à relever.

«Notre frontière est longue de 911 km, et nous nous appliquons à la sécuriser. 3,5 millions de Syriens se sont réfugiés dans notre pays, et la Turquie doit trouver une solution à tout cela», explique M.Turkes.

Selon ce dernier, l’Amérique est dans une autre situation.

«Elle dit: "J’y ai 50 hommes, et je vais les retirer". Cela ne se répercutera nullement de facto sur les 911 km de notre frontière ni sur le sort des 3,5 millions de réfugiés syriens», souligne le parlementaire.

Erdogan Toprak, autre interlocuteur de Sputnik et député du Parti républicain du peuple (CHP) à Istanbul, a qualifié le comportement des États-Unis d’«indigne pour un allié».

Un comportement indigne pour un allié

«Donner le "feu vert" au sol, tout en bloquant l’action de la Turquie dans les airs par la création d’une zone aveugle, ils [les Américains, ndlr] ont compliqué la manœuvre des troupes en l’absence d’appui par l’aviation. Le refus du Pentagone de livrer les coordonnées à nos forces aériennes […], c’est un comportement indigne pour un allié», pointe l’homme politique.

De son côté, Ahmet Kamil Erozan, vice-président du Bon parti, craint que la Turquie ne se retrouve dans une crise, vu l’incertitude quant à la profondeur et aux conditions de l’opération envisagée.

«Nous nous sommes retrouvés face aux États-Unis qui disent: "entrez évidemment, mais n’opérez-pas sur tous les 480 km, mais seulement sur certaines parties, dans les limites des coordonnées bien définies, tout en respectant les conditions qui suivent: ne tirez pas sur celui-ci, ne tirez pas sur celui-là. C’est à nous de définir les règles d’engagement dans le combat"», confie M.Erozan.

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Tags:
opération militaire, États-Unis, Syrie, Turquie
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