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Après l'intrusion de manifestants mercredi soir dans le consulat iranien à Nadjaf qui a ensuite été incendié, le chef de la diplomatie irakienne Mohammed al-Hakim a présenté des excuses à son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Mais qui est l’auteur de cette attaque? Et quelle en est la raison? Les avis divergent.

Le bâtiment du consulat iranien dans la ville irakienne de Nadjaf a été pris d’assaut par des manifestants en colère et incendié mercredi 27 novembre. Sputnik en a parlé avec plusieurs personnalités irakiennes, dont chacune présente sa propre vision des événements.

«Une commande politique, les protestataires n’y sont pour rien»

«Il n’y a aucun rapport entre les manifestants pacifiques et ceux qui ont mis le feu au consulat iranien. Il va sans dire qu’il est parfaitement inadmissible d’attaquer une représentation diplomatique indépendamment du pays auquel elle appartient», a déclaré à Sputnik Ahmed al Kenani, député du mouvement al Sadiqun au parlement irakien.

Et d’ajouter qu’à son avis, il s’agissait d’«une commande politique».

«Les protestataires n’y sont pour rien, et les commanditaires de cette opération font partie du gouvernement irakien. Ces personnes reçoivent des consignes de l’étranger et font tout leur possible pour modifier la situation politique en Irak. […] Je ne pense pas que des manifestants pacifiques aient fait tout cela», a-t-il insisté.  

«Ce sont les manifestants eux-mêmes qui ont incendié»

Le cheik Taer al Bayati, secrétaire général du Conseil des tribus arabes en Irak, ne partage pas cet avis et estime qu’il s’agit d’une réaction «naturelle» face à certains actes de Téhéran.

 «Ce sont les manifestants eux-mêmes qui ont incendié le consulat de Nadjaf. C’est d’ailleurs une réaction tout à fait naturelle à de nombreuses provocations de la direction iranienne. Il a déjà été attesté par des documents que l’Iran participait à la répression des manifestations en Irak. Des agents iraniens en Irak revendiquent déjà l’attaque contre le consulat», a-t-il déclaré à Sputnik.

«Pas une mission diplomatique, mais militaire»

«Ce sont justement de jeunes protestataires qui ont mis le feu au consulat. L’actuelle révolution en Irak avance deux revendications essentielles qui consistent notamment à en finir avec l’influence iranienne et à former un gouvernement de salut national qui engage des transformations politiques, estime pour sa part le politologue irakien Abdel Qader al Nael. Par ailleurs, des tirs à balles réelles ont eu lieu depuis le consulat de Nadjaf sur les manifestants. Alors on a compris que ce n’était pas une mission diplomatique, mais militaire qui s’ingérait dans les affaires intérieures de l’Irak. […] Il est évident que les missions diplomatiques iraniennes dans le sud de l’Irak sont des postes de commandement de la répression des manifestations dans le pays».
Manifestations en Irak

Depuis le début du mois d'octobre, les manifestants irakiens exigent la démission du gouvernement, la lutte contre la corruption et le chômage, ainsi que l’amélioration des conditions de vie dans le pays. D’après les médias, à la suite des affrontements et des émeutes qui ont accompagné les manifestations, quelque 400 personnes ont été tuées et 15.000 blessées.

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Tags:
manifestation, Iran, Irak
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