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    Police nationale à Toulouse

    Les raisons pas toujours attendues de se faire passer pour un policier

    © CC BY-SA 4.0 / Pablo Tupin-Noriega
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    Pris en flagrant délit, il prétend être lui-même de la police. Impuissants face à un homme qui bat sa femme, ils font semblant de préserver eux-mêmes l’ordre public. Récapitulatif de cas pour identifier les raisons derrière le fait de se faire passer pour un policier, ce qui n’est pas une pratique isolée.

    Ces personnes tirent avantage de se présenter comme policiers, sans l’être en réalité. Si l’envie sous-jacente de réaliser des arnaques est compréhensible, quelles autres raisons existent derrière ce travestissement des faits?

    Secourir

    Cette histoire s’est déroulée à Nantes, l’été 2018. Deux jeunes hommes passaient devant un immeuble, à l’intérieur duquel ils ont aperçu un homme frapper sa petite amie. Poussés par les cris de cette femme, les deux hommes ont pris la décision salutaire d’aller frapper à la porte de l’appartement en se faisant passer pour des agents de police.

    Ils ont crié «Police, ouvrez!», interrompant les violences conjugales. Finalement, ils sont parvenus à emmener la victime hors de l’appartement et à appeler la véritable maréchaussée. L’agresseur a été interpellé et la femme prise en charge par des secouristes.

    Se soustraire à la justice

    La tentative d’un malfaiteur de Marly s’est transformée en un double échec. Tout d’abord, le destin lui souriait: alors qu’il souhaitait pénétrer dans une habitation, il en trouve une des portes ouverte et tombe directement sur un sac. Mais là, son cambriolage parfait tourne brusquement à la mésaventure.

    Le propriétaire du sac apparaît alors que le monte-en-l’air entend partir avec le butin dont il s’est emparé. En improvisation totale, le cambrioleur se lance dans un numéro où il incarne un agent de police ayant trouvé le sac. Il demande à celui qui l’a surpris, sous prétexte de vérification, de lui énoncer le code de sa carte bancaire.

    Mais sa victime ne s’en laisse pas conter. Ses cris poussent le voleur malchanceux à s’enfuir, mais il ne peut aller bien loin car il se heurte à des agents de la BAC en patrouille. Dans le fourgon, il ne cache pas son indignation et abreuve la police d’injures, de quoi il sera tenu responsable, en plus du vol.

    Réaliser librement un délit

    Or, le groupe le plus ample est constitué de ceux qui utilisent cette fausse position de force pour commettre de mauvaises actions.

    Cas récent à Clermont-Ferrand: un faux agent de police a frappé à la porte d’une retraitée, âgée de 82 ans, et a réussi à lui soutirer sa carte bancaire, ainsi que le code, «par ruse», selon la police. Après avoir retiré 500 euros à un distributeur, l’escroc est allé restituer la carte à sa propriétaire.

    La police, la vraie, alerte sur le fait que les vols sous fausse qualité se sont surtout multipliés lors des fêtes fin octobre, alors que pompiers et facteurs ont l’habitude de sonner aux portes pour vendre des calendriers. Mais tous ne sont pas de vrais professionnels.

    Pour ne pas tomber dans ce piège, il est recommandé de toujours demander la carte professionnelle. Qui peut tout de même être adroitement falsifiée, préviennent encore les forces de l’ordre.

    Le même schéma de fausse qualité semble avoir été employé par un gang de quatre faux policiers. Ils ont été interpellés, sur le soupçon d’une vingtaine de vols dans le Val-d’Oise et les Yvelines.

    Ils prenaient pour cible notamment les personnes âgées. Certains d’entre eux jouaient le rôle d’employés EDF, puis d’autres arrivaient sur les traces de ces premiers pour «vérifier» s’ils n’avaient rien dérobé aux propriétaires –en les volant lors de la «vérification». Selon le directeur départemental de la Sécurité publique du Val-d'Oise, Frédéric Lauze, c’est une «superbe affaire. L'une des plus importantes de vol à la fausse qualité de l'année».

    Les malfaiteurs avaient de multiples accessoires pour leurs rôles (faux brassards et cartes professionnelles), mais il semble que cela en valait le coût. Les perquisitions ont permis de saisir quelque 320.000 euros en liquide, des tenues issues de grandes maisons de mode, des fusils.

    Au Québec, des arnaqueurs téléphoniques extorquaient de l’argent à leurs victimes en se présentant comme agents du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). D’août à novembre dernier, une dizaine de personnes ont été la cible de ces arnaqueurs.

    Ils soumettaient leur victime à une épreuve peu agréable, lui disant qu’elle était recherchée dans un autre pays pour blanchiment d’argent, car son identité avait été volée. Mais, promettent-ils, la police compte arrêter le «malfaiteur». Pour que la justice ne les freine pas, il est proposé à la «victime» déjà énervée de verser une petite somme d’argent en bitcoins sur un compte précis.

    Le schéma a prouvé son efficacité à maintes reprises, et jusqu’à 12.000 dollars (environ 11.000 euros) ont ainsi été extorqués.

    En Inde, un inconnu déguisé en policier s’est approché d’une femme pour la prévenir qu’il était dangereux de porter sa chaîne en or et ses bijoux vu que les cas de vols à la tire dans les rues s’étaient multipliés dernièrement. Pour la protéger, il a proposé de cacher les objets de valeur dans un paquet, ce qu’il a fait lui-même. Ouvrant le paquet une fois rentrée chez elle, la femme n’y a trouvé que des pierres et du sable.

    Enfin, en Californie, un gang revêtu d’uniformes des forces de l’ordre s’est emparé d’un butin plus important, notamment d’un SUV. Le groupe portait des gilets pare-balles et était armé, précise la police de la ville de Chula Vista.

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