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Les Palestiniens sont déçus par la solution à deux États et ce, non seulement à cause de la colonisation israélienne continue en Cisjordanie, mais aussi en raison du parti pris américain qui témoigne que Washington ne peut plus intervenir en médiateur objectif, a déclaré par téléphone à Sputnik Sanaa Kamel, journaliste palestinienne de Gaza.

La solution à deux États fait référence à un projet de résolution du conflit israélo-palestinien et soutient l'idée de créer un État palestinien indépendant, ainsi que de reconnaître le droit d'Israël à exister. Néanmoins, pour de nombreux Palestiniens, cette mesure n’est pas satisfaisante et n’est plus d’actualité.

Fin de la solution à deux États?

Selon le sondage réalisé en septembre par le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes (PSR), le soutien à la solution à deux États est passé en trois mois de 47% à 42% parmi les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, 32% exprimant leur soutien à une solution à un seul État qui suppose la création d'un seul État réunissant en son sein Israéliens et Palestiniens. L'enquête a révélé que la raison de cette baisse résidait dans l'expansion constante d'Israël en Cisjordanie.

Plus tôt cette semaine, le ministre israélien de la Défense, Naftali Bennett, a approuvé la construction d'un nouveau quartier à Hébron, une ville palestinienne de Cisjordanie. Israël e cesse de stimuler la colonisation de la Cisjordanie depuis la guerre des Six-Jours, en 1967. Au fil des ans, plus de 250 villes et avant-postes illégaux y ont été créés, qui abritent plus de 400.000 colons juifs qui représentent environ 14% de la population de la Cisjordanie.

Il faut un autre médiateur

Quoi qu’il en soit, Sanaa Kamel, journaliste palestinienne de Gaza, a indiqué à Sputnik que l'expansion d'Israël est loin d'être la seule raison de la déception des Palestiniens.

«Les Palestiniens ont perdu confiance en les États-Unis en tant qu'intermédiaire honnête et indépendant entre Israël et les Palestiniens. L'attitude biaisée et partiale de Washington met fin à la solution à deux États. En raison de la partialité de Washington, les Palestiniens ressentent de plus en plus le besoin de mettre fin à son implication dans le règlement du conflit», a-t-elle déclaré, faisant référence aux multiples démarches de l'administration Trump qui ont mis en colère les Palestiniens.

La journaliste rappelle notamment qu’au début, ce fut la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël et le déménagement de l’ambassade américaine depuis Tel Aviv dans la ville trois fois sainte. Ensuite, Les États-Unis ont reconnu la souveraineté d'Israël sur les hauteurs du Golan, qui appartiennent toutefois à la Syrie en vertu du droit international. Et enfin, le 18 novembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis n’estimaient plus que les colonies implantées par Israël en Cisjordanie fussent incompatibles avec le droit international.

«Les États-Unis se sont tiré une balle dans le pied, en soutenant le gouvernement belliciste de Benyamin Netanyahou. Le peuple palestinien ne déteste pas Israël mais nous méprisons ses dirigeants, qui nient les droits fondamentaux des Palestiniens et nous n'apprécions pas le gouvernement américain qui a poussé les dirigeants palestiniens à faire des concessions qui ne plaisent pas du tout au grand public», a-t-elle souligné, ajoutant que c’était la raison pour laquelle les Palestiniens optaient désormais pour des médiateurs plus objectifs.

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Tags:
États-Unis, Palestine, Israël
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