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Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)
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Julian Assange a brièvement comparu vendredi 13 décembre par vidéoconférence devant le tribunal de Westminster dans le cadre du procès d'extradition en cours. Un ancien ambassadeur britannique a parlé au micro de Sputnik d’une éventuelle incidence de la victoire des conservateurs de Boris Johnson sur le sort du fondateur emprisonné de WikiLeaks.

Selon les résultats officiels publiés vendredi 13 décembre, le Premier ministre britannique Boris Johnson a remporté la majorité au parlement, le Parti conservateur ayant franchi le seuil des 326 sièges gagnés sur les 650 de la Chambre des communes. Comment cette situation pourrait-elle se répercuter sur le dossier d’extradition de Julian Assange? Sputnik a posé cette question au défenseur des droits de l’Homme Craig Murray, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan, qui était intervenu parmi les premiers en faveur du fondateur de WikiLeaks devant l’ambassade d’Équateur à Londres en 2012.

Des manifestants en soutien à Julian Assange
© Sputnik . Джастин Гриффитс-Уилльямс

«De très mauvaises nouvelles»

«Ce sont incontestablement de très mauvaises nouvelles pour tous ceux d’entre nous qui soutiennent Assange, la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel, membre du Parti conservateur, dont relève justement le dossier d’extradition, ne s’est jamais préoccupée des droits de l’Homme», a répondu l’interlocuteur de l’agence.

Et d’ajouter qu’il y avait eu évidemment l’espoir qu’en cas de victoire du Parti travailliste, tout pourrait changer.

«Mais désormais, les perspectives sont sombres. […] J’aurais voulu dire qu’il y a une chance. Pourtant, je ne la vois pas du tout. À mon avis, l’image libérale de Boris Johnson n’est qu’un leurre. […] Je ne pense pas que Boris Johnson soit un libéral dissimulé», a relevé le Britannique.

Il souligne par ailleurs que le fondateur emprisonné de WikiLeaks s’est même vu refuser la possibilité de préparer sa défense.

«Tous ses papiers ont été illégalement confisqués de l’ambassade d’Équateur à Londres. […] Il s'avère qu'il n'a ni accès aux documents contre lui, ni à ses propres documents, ni à un ordinateur de travail décent pour préparer sa défense», a poursuivi le diplomate.

Un précédent effroyable pour les médias

Le défenseur des droits de l’Homme dénonce la diffamation de Julian Assange par les grands médias qui se sont joints à la diabolisation du fondateur de WikiLeaks.

«J’ai toutefois l’impression qu’ils commencent à se rendre peu à peu compte que les allégations contre Assange en Suède n’ont jamais été sérieuses ni crédibles. Ils comprennent aussi de mieux en mieux qu’Assange est emprisonné pour les documents qui lui ont été remis pour publication. Et c’est un précédent effroyable pour les médias», a estimé Craig Murray.

Selon ce dernier, il s’agit en fait de condamner un journaliste pour avoir publié des informations véridiques sur des crimes de guerre, et les médias se rendent progressivement à l’évidence qu’en attaquant en permanence le fondateur de WikiLeaks, ils se tirent une balle dans le pied.

«Et c’est seulement là que j’éprouve un faible espoir d’une éventuelle amélioration de la situation dans les mois qui viennent», résume l’interlocuteur de Sputnik.

Réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Équateur à Londres, Julian Assange a été interpellé en avril 2019 par la police britannique avant d’être condamné le 1er mai à 11,5 mois de prison pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud de Londres, Julian Assange attend une audience en février 2020 qui pourrait mener à son extradition vers les États-Unis où il encourt jusqu’à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre, la surveillance illégale de masse et la corruption d’État.

Dossier:
Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)

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extradition, Julian Assange, États-Unis, Londres, Royaume-Uni
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