International
URL courte
Nouvelle escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran (janvier 2020) (37)
201045
S'abonner

Ayant promis de venger la mort de Qassem Soleimani, commandant de la force iranienne Al-Qods, tué lors d'une frappe américaine le 3 janvier à Bagdad, l'Iran a attaqué la base aérienne Al-Asad dans l'ouest de l'Irak et une autre installation militaire à Erbil. Deux analystes israéliens commentent la situation pour Sputnik.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des missiles iraniens ont visé deux bases américaines en Irak, en représailles à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis, la semaine dernière. Donald Trump a tout de suite nié l’importance de cette attaque sans aucune victime confirmée jusqu'ici, twittant que tout allait bien.

Pas de surprise pour personne

L’attaque iranienne contre deux bases militaires américaines en Irak n'a pris personne par surprise, a déclaré à Sputnik Yossi Mansharoff, chercheur à l’Institut pour la stratégie et la sécurité de Jérusalem (JISS) et au Centre Ezri pour les études iraniennes à l’université de Haïfa.

«L'Iran n'est pas assez puissant pour s’attaquer à l'armée américaine. Aussi, tire-t-il ses missiles sur les bases américaines. Ce n’était en fait qu’une petite attaque prévisible qui n'a fait ni blessé ni mort. Pas de surprise pour personne. Le Président Trump pourrait même ne pas vouloir y répliquer, d'autant plus que Washington est maintenant en campagne électorale», a estimé le spécialiste.

Un autre interlocuteur de Sputnik, Yoni Ben-Menachem, vétéran des affaires arabes et principal spécialiste du Proche-Orient au Jerusalem Center, a relevé, pour sa part, qu’une guerre à grande échelle avec les États-Unis n’était pas dans l’intérêt de la République islamique.

Selon l’analyste, Téhéran voudrait plutôt épuiser les Américains, ce qui les amènerait finalement à se retirer d'Irak, où Washington a déployé quelque 5.000 soldats.

Objectif principal: faire partir les Américains

«L'Iran entendrait créer une force qui regroupe toutes les milices chiites basées au Proche-Orient dans l’objectif de faire partir les Américains, nuisant à leurs intérêts dans la région. Autrement dit, nous pourrions assister sous peu à des embuscades contre des véhicules militaires américains, à des attaques contre leurs ambassades et leurs bases militaires et même à des attentats-suicides, et tout cela au nom de la vengeance de Soleimani», a détaillé M.Ben-Menachem.

Et de rappeler que lorsque des militaires américains reviendraient en cercueils aux États-Unis, Donald Trump n'aurait tout simplement pas d'autre choix que de se retirer d'Irak.

Le spécialiste prévient toutefois que cela ne se produira certainement pas du jour au lendemain, principalement parce qu'une telle décision pourrait être interprétée comme de la faiblesse par les Iraniens. Donald Trump a déjà déclaré qu'il n'avait pas l'intention de retirer ses forces et a averti l'Irak, qui abrite du personnel militaire américain, qu'il ferait face à des sanctions sévères s'il suivait les consignes de la République islamique.

«À l'avenir, cependant, cette politique pourrait changer et Trump pourrait vouloir répartir ses forces différemment dans la région pour minimiser le risque d’agressions potentielles», n’a pas exclu l’Israélien.
Dossier:
Nouvelle escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran (janvier 2020) (37)

Lire aussi:

Benalla qualifie de «catastrophique» l’exfiltration de Macron d’un théâtre parisien
Nouveaux détails sur l’incendie volontaire dans le restaurant parisien La Rotonde
Un chat se réveille confus entre les pattes d’un golden retriever – vidéo
Tags:
retrait des troupes, attaque, base militaire, États-Unis, Irak, Iran
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via FacebookCommenter via Sputnik