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Après un long suspense de trois ans, Donald Trump s’apprête enfin à dévoiler son «deal du siècle»: un plan pour la paix censé résoudre le conflit entre Israël et la Palestine. Pourquoi le révéler maintenant? Le calendrier n’est pas anodin et les deux chefs d’État, américain et israélien, comptent bien tirer parti de celui-ci. Explications.

Entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou, la lune de miel ne finit pas. Attendu depuis le début du mandat de Président américain, l’ambitieux «plan de paix» mis en place par son administration, et plus précisément par son gendre et conseiller Jared Kushner, va finalement être présenté à midi ce 28 janvier à Washington. Source de controverses, le Président américain a déjà annoncé que tous les détails qu’on lit de ce plan dans la presse ne sont que pures «spéculations».

Censé résoudre l’éternel conflit israélo-palestinien, ce plan fait l’objet de scepticisme de la part de nombreux observateurs. Mais surtout, pour ces mêmes observateurs, le timing de ce dévoilement s’imbrique stratégiquement dans l’agenda politique et judiciaire de Benjamin Netanyahou et de Donald Trump.  En effet, quoi de mieux que la présentation d’un plan de paix qui se veut capable de résoudre un des plus vieux conflits toujours en cours pour faire oublier ses déboires politiques et judiciaires à l’échelle nationale?   

​C’est d’ailleurs l’analyse que fait l’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël: «Le fait que le dévoilement de ce plan ait lieu au moment des discussions sur l’immunité de Netanyahou au Knesset et du procès pour destituer Donald Trump n’est pas une coïncidence», explique Dan Shapiro au micro d’Army Radio.

D’une part, Donald Trump profite de la venue de son homologue israélien pour contenter sa base électorale à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, et il fait de l’ombre à son procès pour impeachment en présentant le «deal du siècle», qui résoudrait supposément un conflit vieux de près de 70 ans. De l’autre, Benjamin Netanyahou tente de sauver sa peau, alors qu’il croule sous les accusations de corruption et que des élections générales arrivent début mars et qu’il est plus fragilisé que jamais.

«Il est incontestable qu'il existe une volonté de Benyamin Netanyahou, en coordination avec l'administration américaine, de tendre un piège à son opposant Benny Gantz. Cette invitation collective à Washington visait à illustrer un rapprochement entre les deux hommes pouvant aboutir à la constitution d'un gouvernement d'union nationale, seule issue pour Netanyahou. Or, en agissant de la sorte, il coupait l'herbe sous le pied de Gantz qui a axé toute sa campagne sur le rejet de Netanyahou», explique David Khalfa à nos confrères du Point. 

Pour Dan Shapiro, cette stratégie n’est ni plus ni moins que de l’interférence dans la politique intérieure d’un pays souverain:

​Ces deux dirigeants n’en sont d’ailleurs pas à leur premier échange de bons procédés. En atteste la chaleureuse complicité qu’ils témoignent l’un envers l’autre quand ils s’affichent en public. Entre reconnaissance du Golan comme territoire souverain israélien, reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu, et le déménagement de l’ambassade américaine dans cette même capitale, Donald Trump n’en finit pas de faire des gestes vers le gouvernement israélien de Netanyahou.

Ce dernier le lui rend bien en affichant toujours un soutien sans faille au Président américain. Et être bien vu par l’allié israélien est une variable importante pour quiconque souhaite se maintenir durablement au pouvoir aux États-Unis. Surtout pour les électorats évangélistes et juifs qui comptent énormément dans la balance électorale.    

 

 

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Benjamin Netanyahu, Donald Trump
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