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Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C’est d’autant plus vrai en politique. Alors que les Démocrates enchaînent débâcle sur débâcle, Donald Trump, lui, se frotte les mains en pensant à l’élection de novembre 2020. Retour avec le spécialiste de la politique américaine Gérald Olivier, sur une semaine noire pour les Démocrates.

Il y a des semaines où tout va mal, sans que l’on puisse l’expliquer. Il y en a d’autres où tout se passe comme prévu, parfois sans même que l’on ait fait un effort dans ce sens. Pour Donald Trump, sa semaine ressemble beaucoup à ce dernier cas de figure. Entre un premier caucus de l’Iowa désastreux pour les Démocrates, le traditionnel discours sur l’état de l’Union que beaucoup jugent plutôt favorable à Trump, et son acquittement, une voie royale semble être tracée pour sa réélection en 2020.    

«S’il existe encore un gouvernement au monde qui n’a pas intégré dans ses plans le fait que Donald Trump puisse être réélu en novembre, il serait temps qu’il se réveille! Les jeux ne sont évidemment pas faits à huit mois d’un scrutin, surtout quand on n’en connaît pas encore tous les candidats, mais force est de constater que Donald Trump est dans une bonne passe», souligne Pierre Haski, dans sa chronique géopolitique sur France Inter.
Donald Trump lors d'un meeting électoral (archive photo)
© Sputnik . Eva Marie Uskategy

Il n’est pas question ici de chanter ses louanges, mais de constater surtout les erreurs du camp démocrate. En effet, ce qui semble le plus paradoxal dans tout ça, c’est que ce sont les Démocrates qui lui ont déroulé le tapis rouge.

​Afin de mieux comprendre cette débâcle et les perspectives que cela donne pour l’élection présidentielle de 2020, Sputnik a tendu le micro à Gerald Olivier, titulaire d’un master sur l’histoire des États-Unis à l’Université de Californie, journaliste et observateur assidu de la politique américaine.    

«C’est en effet une semaine catastrophique pour les Démocrates. Pour commencer, on peut leur demander pourquoi ils ont insisté pour aller dans une direction dont on savait qu’elle était sans issue: celle de l’impeachment. Ils fonçaient droit dans un mur en sachant très bien que les Républicains n’allaient jamais voter cette procédure d’impeachment», explique le journaliste. 

De même, la manière dont a été géré le vote pour la primaire dans l’Iowa risque certainement de jouer en la défaveur des Démocrates lorsque sera venu le temps de l’élection générale de novembre 2020 :

«C’est le vote le plus suivi de la primaire et ce, dans le monde entier! Que ce vote débouche sur un fiasco électronique, qu’on attende 48h pour savoir qui a gagné alors qu’en temps normal, le lendemain de ce vote, la tête du vainqueur de l’Iowa est en une de tous les journaux, c’est une catastrophe pour les Démocrates. C’est d’ailleurs souvent un boost politique monumental pour le gagnant de l’Iowa», souligne l’expert des États-Unis.   

Surtout que Donald Trump n’avait pas besoin d’un tel coup de pouce. Jour après jour, le Président américain fait état des bons résultats économiques de son administration. C’était même le cœur de son adresse à la nation.

Pourtant, de nombreux économistes ont mis en lumière le fait qu’il n’est que l’héritier des bonnes politiques économiques de son prédécesseur démocrate. Et quand bien même, si le taux de chômage est très bas, le niveau de vie des gens avec des revenus modestes n’augmente pas ou très peu.

​Cela est toutefois éclipsé par le reste des événements, que ce soit Donald Trump qui ne serre pas la main à la Présidente du Congrès, Nancy Pelosi, ou celle-ci qui déchire l’adresse de Trump à la nation. Quelles perspectives cela laisse-t-il pour l’élection entre le futur candidat démocrate et le Président sortant? Est-ce une bataille perdue d’avance? Cela risque d’être dur, mais pas si vite, nous dit Gérald Olivier.

«Rien n’est jamais écrit en politique, il y a toujours des surprises. Il ne faut pas oublier qu’en 2016, Hillary Clinton a perdu l’élection avec près de trois millions de voix en plus. Néanmoins, et c’est objectif, son bilan est très positif. Tant d’un point de vue économique que diplomatique, même si ce n’est pas quelque chose de populaire à dire», indique Gérald Olivier, avant d’ajouter «Est-ce que ça durera? Je ne sais pas mais pour le moment, ce n’est pas contestable selon moi. Et c’est pourquoi je pense qu’il sera, sauf surprise, réélu.» 

D’où pourrait donc venir cette surprise? Existe-t-il un ou des candidats capables de renverser le rouleau compresseur Donald Trump? « Ils sont rares. Bernie Sanders et Elizabeth Warren sont bien trop à gauche. Joe Biden a grillé ses cartes dans l’affaire de son fils en poste en Ukraine. Pete Buttigieg est trop jeune et n’a pas un profil national. Le seul qui ait une chance, c’est Michael Bloomberg. Tout d’abord parce qu’il a beaucoup d’argent, qu’il n’est pas lié au système. Il a une expérience à New York et donc, il aurait un certain nombre d’États avec lui, garantissant un socle important en termes de collège électoral. C’est pour moi le seul qui ait une chance, si faible soit-elle», souligne Gérald Olivier.

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États-Unis, Donald Trump
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