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L’Europe vise à occuper la première place dans le domaine des données industrielles, dont la guerre commence maintenant, a déclaré Thierry Breton interrogé par Les Échos. L’objectif principal est cerné: c’est de profiter pleinement des avantages présentés par le développement de cette sphère.

La future stratégie européenne sur les données industrielles a été présentée par Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, dans un entretien accordé aux Échos. Selon lui, l’Europe a pour ambition de devenir l’acteur principal dans la collecte et le traitement des données industrielles.

«Cette guerre des données industrielles débute maintenant et l’Europe sera son principal champ de bataille», a-t-il déclaré.

Alors que le nombre de données produites par l’humanité va avoir tendance à être multiplié par deux tous les un an et demi, le continent européen doit s’en servir pour tirer des avantages, a indiqué M.Breton.

Différence avec les données personnelles

Le défi important à relever c’est de dépasser les États-Unis qui jouent le premier rôle dans la sphère des données numériques, les grandes plateformes reposant sur l’exploitation des données personnelles étant élaborées aux États-Unis ou en Chine, a souligné le commissaire européen.

Comme il s’agit d’un autre type de données, non personnelles mais industrielles, c’est un domaine perspectif pour l’Europe, vu le développement de l’Internet des objets connectés dont le nombre est estimé à plus de 500 milliards d’ici 2030.

Ce chiffre représente un vaste champ d’informations industrielles à apparaître dans les années qui viennent.

«Pour moi, l'Europe doit être le premier continent à tirer le plein bénéfice de cette vague», a souligné M.Breton.

De plus, l’Europe possède déjà une base industrielle considérée comme la plus avancée, alors que les compétences industrielles américaines se sont détériorées suite à la pratique de l’externalisation:

«Nous sommes en effet la première base industrielle du monde, la plus moderne et la plus avancée en termes d'intégration et d'automatisation des données dans les processus de production.»

En outre, «une chose est sûre, les nouvelles plateformes à construire pour permettre l'exploitation de ces données au plus près de leur lieu de production sont d'une nature toute différente de celles sur lesquelles se sont appuyés les GAFAM et autres BATX pour les données personnelles», selon Thierry Breton.

La protection des données est assurée

Après avoir fait face à une collecte de données parfois discutable exercée par les États-Unis avant l’adoption du règlement général sur la protection des données (RGPD), l’Europe pense dorénavant à imposer des règles en matière de protection de l’information:

«L'Europe est un continent ouvert et le restera. Mais, comme nous l'avons fait pour la 5G, nous établirons des règles claires et strictes que chacun, s'il souhaite venir en Europe, devra respecter, en particulier en matière d'accès et de partage des données industrielles ou publiques.»

De plus, un livre blanc sur l’intelligence artificielle, qui «n’est qu’une application puissante de l'utilisation des données, sera présenté le 19 février, élaboré par le Marché intérieur, censé préserver les valeurs européennes.

Quid de la reconnaissance faciale omniprésente?

Concernant la reconnaissance faciale de masse, qui constitue l’un des points du respect de la vie privée, le commissaire européen a précisé que la nécessité d’application de cette technologie n’est pas uniforme:

«Dans certains cas, certains lieux et certaines situations, il est logique de l'interdire au nom de la vie privée. Dans d'autres cas, par exemple dans un aéroport, elle peut se justifier pour des raisons sécuritaires et constituer un réel progrès.»

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Tags:
États-Unis, données personnelles, Europe, Thierry Breton
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