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Présent à la 20e édition du forum de Bamako le 20 février, Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, a livré sa vision du multilatéralisme comme seule et unique solution aux défis qui s’imposeront demain à l’humanité.

Dans un long plaidoyer sur le multilatéralisme, Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), a présenté, à la 20e édition du Forum de Bamako ce 20 février, sa vision pour un futur ordre mondial pacifié. Il a commencé par souligner l’importance stratégique qu’aura l’Afrique dans les années à venir:

«Il y a 20 ans The Economist titrait «L’Afrique, le continent sans espoir» et aujourd’hui, 20 ans plus tard, l’hebdomadaire titre plutôt sur le fait que l’Afrique est l’avenir de la globalisation», souligne Pascal Boniface.

Cette place grandissante que prendra l’Afrique dans les années à venir devra s’insérer dans le puzzle des puissances influentes d’aujourd’hui, et l’Afrique devra participer aux décisions stratégiques qui concernent notre monde. «Nous sommes aujourd’hui dans un village global, et si on ne prend pas en commun les décisions, et qu’on prend toutes les décisions unilatéralement dans notre coin, on va vers l’échec», soutient le chercheur.

En effet, celui-ci insiste sur la nécessité de prendre collectivement les décisions, car l’architecture de sécurité mais aussi de communication s’est totalement métamorphosée depuis le début du siècle. Pour lui, «on a le droit d’être égoïste, mais on a pas le droit de ne pas être intelligent». En partant notamment de l’exemple du coronavirus:

«L’exemple du coronavirus est frappant. Que nous dit le coronavirus sur la globalisation? Il y a six siècles un virus qui partait de Chine, mettait six siècles à arriver en Europe, et tuait la moitié de la population européenne. Aujourd’hui les choses vont beaucoup plus vite. Pour le coronavirus, on a su faire du multilatéralisme. On critique souvent l’Onu, mais l’OMS est une institution spécialisé de l’Onu, et grâce à celle-ci, le Sras a fait seulement 800 morts dans le monde et non pas les 100 millions de morts de la grippe espagnole du début du 2e siècle. Ebola n’a fait que 12.000 victimes. Et je pense que le coronavirus, dont on ne connaît pas l’issue, sera certainement contenu.»

Pas de doutes, pour le directeur de l’IRIS, la mise en application du multilatéralisme est une question de vie ou de mort pour l’humanité, lorsque l’on a conscience des défis qui vont s’imposer à l’humanité. En effet, «l’illusion de pouvoir décider seuls pour les autres, qui était déjà dangereuse au 20e siècle, devient criminelle au 21e siècle». Surtout en vue du défi que représente l’urgence climatique:

«Il y a aussi la menace la plus grave pour l’humanité: le réchauffement climatique. Il n’y a pas de plan B, car il n’y a pas de planète B. C’est le grand défi stratégique. On sait très bien, et notamment sur le continent [africain, ndlr], que si on lutte correctement ou non contre ce défi, le nombre de conflits ne sera pas le même, le nombre de réfugiés ne sera pas le même», met en garde Pascal Boniface.

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