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Après l’interpellation d’employés de Sputnik Turquie, suivie de l’interpellation le 1er mars du rédacteur en chef de notre antenne à Istanbul, tout le monde a retrouvé la liberté, après avoir été entendu par un procureur. Ricardo Gutiérrez, Secrétaire général de la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), commente cette situation.

Samedi 29 février, plusieurs individus ont fait irruption dans les appartements de trois journalistes de Sputnik Turquie à Ankara, les accusant de haute trahison. Interpellés et interrogés dans la foulée par la police, les journalistes ont finalement été relâchés. Parallèlement, la police turque a interpellé et relâché le 1er mars le rédacteur en chef de Sputnik Turquie, à Istanbul.

Au nom de la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), principale organisation représentative de la profession en Europe, son secrétaire général «considère ces interventions des autorités turques comme des actes de pure intimidation».

«Nous demandons aux autorités turques de mettre fin à ce harcèlement et d’initier, au contraire, des mesures de protection des journalistes ciblés», commente pour Sputnik Ricardo Gutiérrez.

Par ailleurs, la FEJ se demande «dans quelle mesure les actes d’intimidation posés par des manifestants nationalistes et l’action de la police et de la justice turques relèvent d’une stratégie coordonnée de harcèlement des journalistes travaillant en Turquie pour des médias russes». Il estime possible «que ces journalistes soient victimes des tensions diplomatiques accrues entre Ankara et Moscou, suite aux développements de la guerre en Syrie, et particulièrement dans la province d’Idlib.»

«[La FEJ considère] qu’aucune raison objective ne justifie les détentions de ce week-end. Nous avons le sentiment que les autorités turques intimident les journalistes opérant pour les médias russes dans le seul but de faire pression sur le Kremlin», appuie Ricardo Gutiérrez.

L’incident avec les journalistes de Sputnik Turquie permet au représentant de la FEJ de rappeler que «les autorités turques sont coutumières de ce genre de pratiques». Il rappelle ainsi qu’en février 2017, Deniz Yucel, correspondant du quotidien allemand Die Welt en Turquie, «avait été arrêté pour de la prétendue “propagande terroriste” et avait passé un an en prison», dans le contexte d’un conflit diplomatique entre la Turquie et l’Allemagne. «Il est évident que M. Yucel a servi de monnaie d’échange, en contrepartie de concessions des autorités allemandes», argumente le secrétaire général de la FEJ.

«Nous exigeons des autorités turques qu’elles cessent ce type de chantage», martèle encore Ricardo Gutiérrez.

Le danger pour la fédération professionnelle réside également dans «l’effet délétère d’une possible escalade, avec des effets dévastateurs sur la liberté de la presse en Turquie et en Russie», puisque «certains officiels russes» ont confié aux agences de presse que «la Russie envisageait des représailles contre les médias turcs opérant en Russie».

«La FEJ appelle les autorités turques et russes à éviter une telle escalade et à protéger les journalistes qui font l’objet de menaces, plutôt que de les intimider ou de les harceler», conclut le secrétaire général de la Fédération Européenne des Journalistes.

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Tags:
Turquie, Russie, Ricardo Gutierrez, Fédération européenne des journalistes (FEJ), liberté de la presse, Sputnik, journalistes
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