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Les Israéliens votent ce lundi 2 mars pour la troisième fois en moins d’un an. Malgré le solide soutien dont bénéficie encore Benyamin Netanyahou, l’opposition se propose toujours de déloger le Premier ministre. Des analystes n’excluent pas la possibilité d'un quatrième scrutin. Sputnik s’est entretenu avec certains électeurs.

Lundi 2 mars se tient en Israël le troisième scrutin législatif en moins d'un an, après l’échec des deux élections précédentes dans la désignation d’un vainqueur. Le Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahou et le parti Bleu-Blanc de l’ex-chef d’état-major Benny Gantz sont arrivés au coude-à-coude, et aucun des deux n’a été en mesure de rassembler une coalition majoritaire. M.Netanyahou, dont le procès pour corruption doit débuter ce mois-ci, espère se maintenir au pouvoir, mais l'impasse politique pourrait bien se prolonger.

Les sympathisants de «Monsieur Sécurité»

«Je vote pour le Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahou, parce qu’il défendra les frontières d’Israël», a déclaré à Sputnik un certain Ronny, 50 ans, de la ville d’Yoqneam, dans le nord du pays.

Netanyahou est connu en Israël sous le nom de «Monsieur Sécurité». On connaît également son approche de faucon du problème palestinien, ainsi que ses efforts face à la «menace iranienne».

Ronny n’est pas le seul à soutenir le Premier ministre et son parti Likoud qui, selon les prévisions, recevra 35 des 120 mandats à la Knesset et devancera pour la première fois depuis de longs mois son principal rival, le parti centriste Bleu-Blanc de Benny Gantz, ancien chef d’état-major.

Sergueï, 40 ans, qui habite Tel Aviv, a lui aussi voté pour le Premier ministre, mais à la différence de Ronny, il estime tout simplement que Netanyahou est le moindre des deux maux.

«Nous savons au moins ce qu’on peut attendre de lui, et nous savons aussi combien il a fait pour le pays. Je ne suis pas prêt à essayer quelque chose de nouveau, et je ne veux pas du tout remettre la sécurité et l’avenir d’Israël entre les mains d’un homme à l’expérience pratiquement nulle», a-t-il expliqué, faisant sans doute allusion à Gantz.

Et d’ajouter que les injustices à l’égard de Benyamin Netanyahou le révoltaient.

«Ce qu’ils [la gauche, ndlr] font avec lui est dégueulasse. Je ne comprends pas pourquoi ils font tant de bruit à cause de cigares et de deux bouteilles de champagne», pointe Sergueï à propos du procès pour corruption intenté contre le Premier ministre.

«On en a assez de la corruption dans laquelle Bibi est impliqué»

Pourtant, tous ne sont pas de cet avis, loin s’en faut. En 2018, 47% des Israéliens étaient persuadés que la direction du pays était corrompue, et 55% étaient convaincus que le Premier ministre était impliqué.

«On en a assez de la corruption dans laquelle Bibi [Benyamin Netanyahou, ndlr] est impliqué», a déclaré Yafit, habitante de 38 ans d’Yoqneam, qui explique pourquoi elle avait voté pour Gantz.

«Voter pour la gauche serait garantir des changements»

Les déboires judiciaires de Benyamin Netanyahou ne constituent évidemment pas l’unique raison pour laquelle bien des électeurs se sont détournés de lui.

«Les gens en ont marre de ses propos racistes à l’égard des Arabes d’Israël et de la discorde qu’il a semée au sein de la société israélienne», confie à Sputnik Gal, 26 ans, de la ville de Meitar.

Une autre habitante de Meitar, Irit, 58 ans, se dit déçue par la stagnation des négociations de paix avec les Palestiniens.

«Je vote pour les partis de gauche [liste unie du parti Travailliste et de la formation Gesher et le parti Meretz, ndlr], parce que j’aime l’accent qu’ils mettent sur l’égalité, l’opposition au racisme et le respect de la dignité humaine. Voter pour la gauche serait garantir des changements», résume l’Israélienne.

Mardi 3 mars, on apprendra peut-être le nom du vainqueur à l’issue de ces élections, à moins que les Israéliens soient appelés aux urnes pour un quatrième scrutin.

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Tags:
Israël, élections législatives, gauche, Benjamin Netanyahou, Likoud, Benny Gantz
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