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Campagne présidentielle 2020 aux États-Unis (67)
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Considéré comme largué dans la course à l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden a raflé au moins quatre nouveaux États. Comme en 2016, le candidat «socialiste» Bernie Sanders, pourtant parti avec de bonnes chances, pourrait subir un nouvel échec. Mais Joe Biden risque d’apparaître comme un candidat «tout sauf Sanders».

Résurrection? Joe Biden a confirmé son rebond dans les primaires du Parti démocrate. Il a même acquis le statut d’archi-favori face à Bernie Sanders, autoproclamé «socialiste», et jugé de plus en plus dans les médias comme trop radical pour rassembler l’électorat américain.

Ce 10 mars 2020, à l’occasion d’un «mini-Super Tuesday», l’ancien vice-Président de Barack Obama l’a emporté dans au moins quatre des six États qui étaient appelés à désigner leurs délégués. Outre le Mississippi, le Missouri et l’Idaho, Joe Biden est arrivé en tête dans le Michigan. En 2016, dans cet État, Hillary Clinton avait échoué de peu, à 0,23% seulement de Bernie Sanders.

Ancien bastion industriel démocrate durement frappé par la crise, remporté à la surprise des observateurs par Donald Trump, cette victoire pose encore un peu plus Joseph Robinette Biden (dit Joe Biden) comme celui qui serait capable d’accéder à la Maison-Blanche.

Et pourtant. Ce vétéran de la politique américaine de 77 ans, élu pour la première fois au Sénat en 1973, revient de loin. Les primaires avaient en effet très mal commencé pour Joe Biden, avec des premières défaites cuisantes face à Bernie Sanders.

Des médias indulgents malgré les faux-pas de Joe Biden

De quoi ébranler sa profession de foi en forme de défi à Donald Trump et martelée à l’envie. «Si on m’en donne la moindre opportunité, je battrai ce type à plate couture», promettait-il en septembre 2019, le ton martial et l’index vengeur.

Joe Biden est-il vraiment mieux placé que Bernie Sanders pour battre Donald Trump? Les médias institutionnels semblent vouloir y croire, malgré ses nombreuses gaffes, ses pertes de mémoire lors de ses discours et ses saillies parfois vulgaires. La chaîne d’information en continu CNN voit ainsi l’ex-vice-Président avec bienveillance, quels que soient ses actes.

Dernier clash en date, le 10 mars, juste avant l’élection des délégués dans l’État du Michigan: un travailleur du secteur de l’automobile prend à partie Joe Biden, l’accusant de vouloir remettre en cause le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, fondement du droit à porter une arme. La confrontation a lieu devant les caméras. Le candidat à l’investiture perd alors son sang-froid et lance à l’ouvrier: «Vous ne racontez que de la merde!» Et d’intimer ensuite à l’assistance le silence. «Chut! Chut!», impose-t-il.

​Alors que l’échange tourne un peu plus au vinaigre, et que l’ouvrier lui fait observer que Joe Biden «travaille pour lui» en tant qu’élu, ce dernier finit par lancer: «Don’t be such a horse’s ass», expression que l’on peut traduire, sur un registre un peu plus poli, par: «Ne faites pas l’âne.»

Vers un remake de l’échec des primaires démocrates de 2016?

Joe Biden confond-il combativité et respect dû à ses électeurs? Pas pour CNN qui titre: «Pourquoi la confrontation de Joe Biden avec un ouvrier à Detroit est probablement une bonne chose».

Mais Joe Biden ne convainc pas encore tout le monde de sa capacité à battre Donald Trump. Et le spectre des primaires de 2016 plane toujours sur le Parti démocrate. Le candidat de la frange radicale du Parti démocrate, semble, en 2020 comme en 2016, commencer la course en tête pour finalement se heurter à un plafond de verre.

Le début du mois de mars 2019 a été marqué par un tir de barrage médiatique avec la promotion d’un mouvement pour «Stopper Bernie Sanders». En juillet 2016, sur fond de publication par Wikileaks d’emails émanant du Comité national démocrate alimentant la thèse selon laquelle l’équipe de campagne d’Hillary Clinton aurait espionné celle de Bernie Sanders et manipulé les médias, la présidente du parti, Debbie Wasserman Schultz, avait été contrainte de démissionner.

Après un silence pesant, Bernie Sanders a annoncé qu’il maintenait sa participation au prochain débat du Parti démocrate, le 15 mars prochain. En cas de nouveau revers, Bernie Sanders consentira-t-il à se retirer de la course à l’investiture comme Michael Bloomberg et Elizabeth Warren? Au regard de sa combativité proverbiale, rien n’est moins sûr. Dans un éditorial publié le 3 mars 2020 dans le Washington Post, Paul Waldman se refuse à trancher. Pour lui, «Sanders serait un candidat très risqué. Mais Biden aussi». Le Parti démocrate a-t-il pensé à un plan C?

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États-Unis, Bernie Sanders, campagne présidentielle, Joe Biden
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