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Plusieurs tonnes d’aide sanitaire en provenance de Chine sont arrivées le 12 mars à Rome. Alors que la péninsule est violemment frappée par l’épidémie de coronavirus, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’attitude de Bruxelles envers l’Italie, certains parlent même d’une Union européenne qui aurait «abandonné» l’Italie. On fait le point.

«Nous saurons nous souvenir des pays qui nous ont été proches.» 

Cette phrase prononcée par le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio sonne comme un tacle à Bruxelles. Alors que la Botte est frappée par l’une des plus graves crises sanitaires de son histoire, avec plus de 1.000 morts liées à l’épidémie de coronavirus et 15.000 cas déclarés, les services hospitaliers du pays tirent la sonnette d’alarme.

​Le coordinateur des services de thérapies intensives de l'unité de crise en Lombardie disait toute sa détresse le 11 mars à nos confrères des Echos:

«Ces deux dernières semaines, on a augmenté de 50% le nombre de lits dans les services de réanimation, mais c'est insuffisant. Les patients atteints de coronavirus sont trop nombreux et les autres services hospitaliers sont au bord de la paralysie. Nous sommes allés au bout de nos limites en ce qui concerne le nombre de lits et la mobilisation du personnel médical. On est en train de faire des miracles, mais on ne pourra pas tenir plus de dix jours à ce rythme.»

Une situation catastrophique qui pose la question de l’aide venue de l’étranger. Pays fondateur et pilier de l’Union européenne (UE), l’Italie n’a pourtant pour le moment, été que peu soutenue par ses partenaires européens. L’avocat et porte-parole des Gilets jaunes à Rouen François Boulo a notamment commenté la situation sur Twitter:

«L’Allemagne conserve ses masques pour elle toute seule et la France donne des leçons à l’Italie qui est tellement abandonnée à son sort par l’UE qu’elle en appelle à l’aide de la Chine…»

Le 12 mars, neuf experts chinois du coronavirus ainsi que plusieurs tonnes d'aide sanitaire sont arrivés à Rome. Berceau de l’épidémie et pays le plus touché avec 3.169 morts et plus de 80.000 personnes infectées, la Chine voit aujourd’hui le nombre de nouveaux cas chuter. Une situation qui permet à Pékin d’envoyer experts et matériel dans plusieurs pays dont l’Italie, deuxième nation la plus frappée par l’épidémie de coronavirus.

«Le peuple chinois n'oubliera jamais le soutien précieux apporté par l'Italie quand la Chine traversait les moments les plus difficiles dans la lutte contre le virus», a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

D’après le président de la Croix-Rouge italienne Francesco Rocca, l’avion qui s’est posé le 12 mars à Rome en provenance de Chine contenait notamment «des ventilateurs, du matériel respiratoire, des électrocardiographes, des dizaines de milliers de masques et d'autres matériels de santé».

«Les neuf experts –six hommes et trois femmes emmenés par le vice-président de la Croix-Rouge chinoise Yang Huichan et par un illustre professeur de réanimation cardio-pulmonaire, Liang Zongan– sont des médecins-réanimateurs, pédiatres et infirmiers qui ont géré la crise du coronavirus en Chine.»

Le 11 mars, le trésorier et responsable national de l’Union populaire républicaine (UPR) Charles-Henri Gallois fustigeait le manque de réactivité de Bruxelles concernant la crise en Italie: «La solidarité de l’UE illustrée: l’Italie a demandé de l’aide auprès des autres pays de l’UE et n’a rien obtenu. Seule la Chine a répondu positivement. Le périmètre de l’UE est artificiel et il n’y a pas de solidarité. Seules les nations comptent.»

​Même son de cloche du côté du journaliste et présentateur suisse Darius Rochebin qui a dégainé son clavier pour twitter le 12 mars:

«La Chine a manifesté plus de soutien à l’Italie que l’Union européenne! La Commission européenne n’a même pas été capable d’un geste symbolique fort, faute d’une aide immédiate. Inconscience, médiocrité de sa part? Ou remontée d’un refoulé plus profond?»

Bruxelles arrive-t-elle trop tard?

Cette solidarité chinoise peut s’expliquer par l’attrait de l’Italie pour le projet des «Nouvelles routes de la soie» porté par le Président chinois Xi Jinping. Le 23 mars 2019, Rome signait un protocole d'accord qui scellait son entrée au sein de ce vaste projet d'infrastructures terrestres et maritimes lancé par Pékin en 2013. Une décision qui avait été très mal accueillie à l’époque par Bruxelles… et Washington.

«Wang Yi, appelant la communauté internationale à faire preuve de solidarité pour lutter contre le virus, a quant à lui déclaré que son pays, en tant qu'ami et partenaire stratégique global de l'Italie, comprenait parfaitement les défis auxquels elle était confrontée et tenait à lui présenter à la fois son soutien et ses condoléances. Cette épidémie ne connaît pas de frontières et est un ennemi commun de l'humanité», a précisé l’agence de presse chinoise Xinhua.

Il semble que l’UE se soit décidée à agir le 13 mars afin d’aider l’Italie. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que Rome disposerait de toute l’aide nécessaire:

«Nous sommes absolument prêts à aider l'Italie pour tout ce dont elle aura besoin. C'est de la plus haute importance. Ce pays est gravement touché par le coronavirus. Par conséquent [...], nous répondrons à tous leurs besoins.»

Reste à voir concrètement comment cette aide va s’organiser.

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Tags:
krach financier, crise économique, Italie, Covid-19
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