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Conséquences économiques du coronavirus - avril (39)
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Alors que les économies du monde sont à l’arrêt à cause du coronavirus, les GAFAM ne se sont jamais aussi bien portés économiquement. Grâce à la croissance de l’activité en ligne, ces géants de la tech continuent de solidifier leur empire et d’écraser la concurrence. Analyse.

«Lorsque le monde physique s’arrête avec le confinement, le monde virtuel prospère. Faire ses courses en ligne 24 heures sur 24 depuis son canapé, travailler à distance, s’équiper de logiciels, jouer, s’informer, écouter de la musique… Tout passe par Internet et les GAFA cavalent», affirmait ce 20 avril Jacques-Olivier Martin, Rédacteur en chef du Figaro Économie.

«Le malheur des uns fait le bonheur des autres» et les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) en savent quelque chose. Alors que les économies du monde entier connaissent une crise sans précédent et que partout, les entreprises luttent pour leur survie, les géants de la tech américaine présentent des résultats économiques prodigieux.

Pour bien prendre la mesure de ces chiffres astronomiques, il convient de se pencher sur le FANG Index. Un indice qui inclut Facebook, Apple, Amazon, Netflix et Alphabet ainsi que cinq autres valeurs: Alibaba, Baidu, NVIDIA, Tesla et Twitter. Ce dernier affiche une performance positive de 20% depuis le début de l’année. Et ce, alors que la capitalisation boursière de ces entreprises était déjà énorme: en 2019, celle de Microsoft s’élevait à 1.360 milliards de dollars, suivi par Apple et ses 1.240 milliards et Amazon avec 1.180 milliards. Les «petits» GAFAM, Alphabet (maison mère de Google) et Facebook s’élevaient eux à, respectivement, 880 milliards et 510 milliards. Cela fait de ces groupes des acteurs bien plus riches que certains États occidentaux, pourtant eux-mêmes très riches.

Le Covid-19, une victoire politique et économique pour les GAFAM

Seuls Google et Facebook ont connu de légères diminutions dans leur capitalisation, avec respectivement 15% et 10% en moins sur les trois derniers mois. Une égratignure par rapport au bien que leur a fait cette crise du coronavirus. En effet, la distanciation sociale quasiment généralisée dans le monde a fait que les gens se sont tournés vers leurs ordinateurs et leurs téléphones pour presque tout: travail, loisirs, courses, musique et la liste est loin d’être exhaustive…

«Dans le chaos, les services en ligne apparaissent plus essentiels, particulièrement aux États-Unis, où le gouvernement est défaillant dans la gestion de crise, alors que, il y a encore deux mois, le débat portait sur l’idée de démanteler ces énormes plates-formes», estime Margaret O’Mara, historienne de la Silicon Valley, dans les colonnes du Monde.

De ce point de vue, le coronavirus a non seulement ouvert un boulevard économique à ces géants américains de la tech, mais leur a également fait remporter une victoire politique. Ils ont convaincu bon nombre d’Américains que quand le gouvernement faillit, ils peuvent toujours compter sur les GAFAM pour assurer leurs services.

«Les grandes entreprises de technologie ont l’occasion de changer la façon dont elles sont perçues par le grand public et les responsables politiques», affirme dans le même article William Kovacic, ancien de l’autorité américaine de la concurrence (Federal Trade Commission, FTC) et professeur de droit à l’université de Georgetown, à Washington.

D’autant que leurs victoires ne s’arrêtent pas là. Ces entreprises déjà ultra-performantes et que les sociétés «brick and mortar» (de l’économie physique) ont déjà beaucoup de mal à concurrencer en temps normal, creusent l’écart.

La concurrence aux abois

Une large majorité de la concurrence est aujourd’hui soit menacée, soit à l’arrêt. Des milliers d’entreprises font aujourd’hui faillite ou survivent sur le fil du rasoir grâce à des aides d’État. Un environnement ultra-favorable pour ces GAFAM, qui peuvent profiter de la situation pour asseoir leur domination sur les marchés qui les intéressent comme l’affirme Jacques-Olivier Martin dans une tribune publiée dans Le Figaro:

«Lorsque des millions d’entreprises sortiront affaiblies de ces quarantaines économiques forcées, les géants de la tech seront musclés comme jamais. Toujours plus agiles, ils accéléreront leur marche et grignoteront (dévoreront?) un à un les secteurs dominés par les fleurons de l’Ancien Monde.»

Cela soulève ainsi la question du poids économique, mais aussi politique de ces géants qui offrent désormais des services dont les particuliers sont dépendants. Les États tentent tant bien que mal de brider le pouvoir de ces géants, comme le démontre les négociations commerciales entre la France et les États-Unis sur la fiscalité du numérique, mais rien de concret n’a été mis en place pour le moment.

Si avec leur capitalisation boursière, ces entreprises dépassent déjà individuellement la richesse de nombreux pays «avancés», cette crise du Covid-19 pourrait les propulser au rang de puissances pouvant tenir tête aux États les plus influents de ce monde. Au point de bientôt devenir plus importants qu’eux?

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Conséquences économiques du coronavirus - avril (39)

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