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Coronavirus aux États-Unis – avril (16)
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Comme le révèlent les autopsies pratiquées en Californie sur des décès suspects remontant au mois de février, le coronavirus était présent sur le territoire américain avant que l'épidémie ne soit annoncée.

Des autopsies pratiquées en Californie sur des décès suspects remontant à février révèlent que ces personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus avant le début officiel de l'épidémie de Covid-19 aux États-Unis.

Les premiers cas

Le premier cas confirmé avait été annoncé par les autorités fédérales le 21 janvier, un trentenaire revenu le 15 janvier de la région de Wuhan, en Chine, qui n'avait pas de symptômes graves et avait lui-même contacté un médecin, précise l'AFP.

La découverte, tardive, que des gens ont commencé à mourir début février implique qu'il y avait probablement de nombreux cas sur la côte ouest des États-Unis dès janvier, voire début janvier, et que le bilan officiel actuel de 45.000 morts est en dessous de la réalité.

Ce bilan, pour le début de l'année, devrait en toute logique monter, au fur et à mesure que les responsables locaux et médecins légistes recatégorisent des causes de décès hivernaux attribués à l'époque à des pneumonies ou des grippes.

Le médecin légiste du comté de Santa Clara, qui inclut la Silicon Valley, a annoncé mardi soir que trois personnes décédées chez elles les 6 et 17 février et le 6 mars avaient, après autopsies, été testées positives au coronavirus.

Puisque plusieurs semaines (de l'ordre de trois à quatre) séparent généralement la contamination de la mort, cela fait remonter au début ou au milieu du mois de janvier ces contagions. Les premiers morts officiels du coronavirus aux États-Unis dataient auparavant du 26 février.

«Si c'est effectivement le cas, les modèles de l'épidémie aux États-Unis vont devoir être ajustés pour prendre en compte cette date de départ avancée», affirme le professeur de médecine à Stanford Jay Bhattacharya. «Les modèles vont devoir revoir à la hausse le nombre de cas actuels», souligne-t-il à l'AFP.

Les trois cas californiens, dont on ignore l'identité, n'avaient apparemment pas voyagé en Chine, a déclaré Sara Cody, responsable de santé publique du comté, au Washington Post.

Limitations des dépistages

On ignore pourquoi il a fallu autant de temps pour tester ces corps, mais les responsables locaux ont pointé du doigt les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui ont jusqu'à fin février insisté pour limiter les tests de dépistage aux seules personnes revenant de Chine et présentant des symptômes.

Ce n'est qu'en février que la politique de tests a été assouplie, et vers mi-mars que les vannes ont été réellement ouvertes.

Analyses génétiques

D'autres indices d'une arrivée précoce du coronavirus viennent d'analyses génétiques.

Deux équipes de généticiens à New York ont établi que le virus avait commencé à se répandre dans la métropole de la côte est mi-février, en provenance d'Europe, alors que le premier cas local confirmé n'avait été annoncé que le 1er mars, chez une femme revenue d'Iran.

Ils le savent, car le virus, en se répliquant, mute, comme tous les virus. L'analyse des génomes de virus récupérés en mars chez des New-Yorkais a permis de reconstituer un arbre généalogique du coronavirus, car les mutations interviennent à intervalles réguliers.

Les responsables californiens s'attendent à trouver d'autres cas anciens de Covid-19. Le responsable du comté de Santa Clara, Jeff Smith, a déclaré récemment que le SARS-CoV-2 était sans doute arrivé en décembre sur ses côtes.

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Covid-19, Californie, États-Unis
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