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Washington, qui envisage de mener le premier test nucléaire en 28 ans pour renforcer sa position à la veille de l’expiration du traité New Start, risque de relancer la course aux armes nucléaires et de saper les négociations avec Pyongyang, selon Daryl Kimball, directeur de l'Arms Control Association, cité par le Washington Post.

Un nouvel essai nucléaire, dont la possibilité est à l’étude au sein de l’administration Trump, pourrait provoquer une course aux armements sans précédent et pousser la Corée du Nord à renoncer à son moratoire sur les tests nucléaires, a déclaré Daryl Kimball, directeur de l'Arms Control Association, dont les propos ont été repris par le Washington Post.

«Ce serait le coup d'envoi d'une course aux armements nucléaires sans précédent. Cela saperait aussi les négociations avec le leader nord-coréen Kim Jong-un qui ne se croirait plus obligé de respecter son moratoire sur les essais nucléaires», a indiqué M.Kimball.

Selon le journal, si les États-Unis, qui n’ont pas testé d’armes nucléaires depuis septembre 1992, organisent un essai nucléaire, cela «annulera le moratoire» de tels essais respecté par les puissances nucléaires depuis des années.

Reprise des tests nucléaires aux États-Unis?

Selon le Washington Post, les membres de l’administration Trump chargés de la sécurité nationale se sont penchés le 15 mai sur la reprise des essais nucléaires, pour la première fois depuis 1992, pour pouvoir pousser Moscou et Pékin à signer un traité trilatéral sur le contrôle des armements nucléaires après l’expiration du traité New Start.

«Si cette administration estime qu’une explosion nucléaire d’essai et des manœuvres au bord d’un conflit nucléaire vont contraindre les partenaires de négociation à faire des concessions unilatérales, c'est un stratagème dangereux», a estimé M.Kimball.

Essais nucléaires et le TICEN

Les États-Unis restent le seul pays à avoir utilisé une arme nucléaire en temps de guerre, mais depuis 1945, au moins huit pays ont mené au total près de 2.000 tests nucléaires, dont plus de 1.000 ont été effectués par les États-Unis, rappelle le Washington Post.

Les préoccupations concernant les dangers de ces essais ont incité plus de 184 pays à signer le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), un accord qui n'entrera en vigueur qu'après avoir été ratifié par huit États clés, dont les États-Unis. Le Président Barack Obama a soutenu la ratification du TICEN en 2009, mais le traité n’a pas été ratifié. L'administration Trump a déclaré en 2018 qu'elle ne demanderait pas la ratification de ce traité.

Les principales puissances nucléaires s’en tiennent à l’esprit du TICEN en respectant un moratoire sur les essais, mais les États-Unis ont toujours veillé à ce que leurs armes nucléaires soient prêtes à l’emploi en effectuant des essais sous-critiques. Il s’agit d’explosions qui ne produisent pas de réaction nucléaire en chaîne mais permettent de tester les composants d'une arme.

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Tags:
tests nucléaires, Corée du Nord, États-Unis, Daryl Kimball, Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN)
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