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Les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède ont présenté ce 23 mai leur propre plan de relance pour la zone euro, en réponse à celui proposé par le couple franco-allemand. Pas question pour eux de simplement «donner» de l’argent aux pays les plus fragiles de l’Union. Et ce, alors que l’UE joue sa survie dans cette sortie de crise. Analyse.

«Vous chantiez? J’en suis fort aise. Eh bien! Dansez maintenant», conclut la fameuse fable de La Fontaine, La cigale et la fourmi. Et danser est peut-être tout ce qu’il restera bientôt aux pays d’Europe du Sud. En effet, à de nombreux égards, cette fable est le reflet des fractures européennes contemporaines.

L’enthousiasme fédéraliste européen aura en effet été de courte durée. Après l’annonce en grande pompe par Angela Merkel et Emmanuel Macron d’un plan de relance européen de 500 milliards d’euros, quatre pays d’Europe du Nord et centrale ont présenté un plan qui prend le contre-pied de celui proposé par l’axe Paris-Berlin. Les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède, fourmis connues pour une rigueur budgétaire qui leur a valu d’être surnommés «les frugaux», refusent catégoriquement de «payer» pour les cigales du Sud, Italiens, Espagnols ou Grecs.

​En effet, il y a une différence fondamentale entre ce que propose le couple franco-allemand et la solution des «quatre frugaux». Paris et Berlin proposent dans leur plan de relance que l’Union européenne s’endette pour aider les pays, régions et secteurs les plus touchés par la crise, en passant notamment par une augmentation du budget de l’UE. Les seconds évoquent une aide d’urgence sous la forme de prêts de longue durée à taux faible, selon la proposition publiée par le bureau de Sebastian Kurz, le chancelier autrichien.

L’UE joue sa survie

Pour L’Autriche, Les Pays-Bas, le Danemark et la Suède, il est insensé de penser à une mutualisation de la dette à l’échelle européenne et donc de «payer» pour les pays d’Europe du Sud, déjà surendettés.

​Or, c’est l’essence de la proposition franco-allemande, qui entend augmenter le budget européen à travers un mécanisme d’endettement qui ne retomberait pas sur les pays les plus fragiles de l’union. Une petite révolution, car, contrairement à ce qui était pressenti il y a encore quelques semaines du côté de Berlin, cet argent serait remboursé au niveau de l’Union européenne (UE), et non pas en fonction de ce que les uns et les autres auront touché.

«Merkel a compris que l’Allemagne, en s’en tirant mieux face au virus que les autres grands pays européens, avait une responsabilité immense et devait faire vraiment preuve de solidarité», estime l’économiste Henrik Enderlein, président de la Hertie School of Governance, au quotidien Le Monde.

Problème, les quatre «frugaux» eux, entendent simplement optimiser le budget existant «en redéfinissant les priorités dans les domaines les moins susceptibles de contribuer à la reprise». Selon eux, «des fonds supplémentaires pour l’UE, quelle que soit la manière dont ils sont financés, pèseront encore plus sur les budgets nationaux.»

Pour ces adeptes du rigorisme budgétaire, l’argent prêté suivant les conditions de leur proposition devra être «orienté vers des activités qui contribuent le plus à la reprise, telles que la recherche et l’innovation, un renforcement du secteur de la santé et une transition verte.»

Une philosophie et un lexique qui rappellent fâcheusement le début de la décennie 2010 et les affrontements idéologiques qui ont eu lieu au sortir de la crise de la zone euro entre ses membres.

À la Commission européenne de trancher

Organe responsable de la proposition finale, la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen aura pour objectif d’équilibrer deux visions diamétralement opposées de la sortie de crise. Les yeux de toute l’Europe seront donc tournés vers Bruxelles ce 27 mai, jour de l’annonce du plan proposé par la commission.

L’Europe joue potentiellement sa survie dans cette sortie de crise comme l’expliquait précédemment Sputnik. Et elle pourrait dépendre du rigorisme budgétaire d’une poignée d’États.

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Tags:
Emmanuel Macron, Angela Merkel, France, Allemagne, Union européenne (UE)
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