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Le 15 novembre 2020, la Tunisie va lancer son premier satellite 100% tunisien. Actuellement, il est en phase de tests de lancement en Russie. Ce satellite, développé par la société tunisienne Telnet, est spécialisé dans l’Internet des objets.

Au moment où la Tunisie s’apprête à dévoiler son programme de relance économique pour faire face à une grave crise économique, une bonne nouvelle se profile à l’horizon: Telnet a annoncé la finalisation prochaine de ses tests de validation de son premier satellite totalement conçu par des compétences tunisiennes.

Le 11 juin, Mohamed Frikha, le PDG de Telnet Holding, une société tunisienne spécialisée dans l’ingénierie logicielle et hardware, a annoncé sur sa page Facebook que:

«Les tests fonctionnels faits sur le satellite tunisien “Challenge One” ont été finalisés en Tunisie et à Moscou et que, désormais, a débuté la phase finale des “tests de lancement” au pôle technologique russe “Skolkovo Innovation Center”. Il s’agit, d’après Frikha, des tests qui prouveraient la prédisposition du satellite à être lancé dans l’espace et sa capacité à prendre sa place en orbite».

Officiellement, le lancement du satellite est prévu le 15 novembre 2020 à partir de la base du Kazakhstan, par la fusée russe Soyuz 2.

Nouveau marché à conquérir

Le projet de fabrication de «Challenge One» a débuté en 2016 avec l’objectif de conquérir l’espace à moindre coût. Il existe en effet aujourd’hui une nouvelle génération de satellites, «plus petits, plus légers, avec un concentré de technologie», explique à Sputnik Anis Youssef, directeur Innovation du Groupe Telnet.

«C’est dans ce contexte que s’inscrit l’idée du projet, qui consiste à utiliser l’espace pour faire parvenir l’information à travers la planète, notamment dans ce qu’on appelle “les zones blanches”, à savoir les océans, les montagnes et les forêts. Actuellement, 90% de la planète n’est pas connectée», note Anis Youssef.

«Challenge one» est un nanosatellite, spécialisé dans l’IOT (Internet of Things), l’Internet des objets. L’IOT «caractérise des objets physiques connectés ayant leur propre identité numérique et capables de communiquer les uns avec les autres. Ce réseau crée en quelque sorte une passerelle entre le monde physique et le monde virtuel», selon le magazine scientifique Futura.

Plus de sept milliards d’appareils dans le monde sont actuellement connectés grâce à l’IOT. Ce chiffre pourrait atteindre 22 milliards en 2025, d’après les experts. D’où un marché énorme à exploiter par le secteur privé, dont la société Telnet.

Le projet va permettre d’utiliser LORA, une nouvelle technologie de télécommunication. «Il s’agit d’une technologie qui permet aux objets connectés d’échanger des données de faible taille. Elle utilise à la fois les fréquences radio libres 868 MHz et Internet», comme la définit le site spécialisé objetconnect.com.

«Cette technologie est actuellement utilisée sur Terre. Nous allons donc l’adapter à l’espace. Elle pourrait être employée dans plusieurs domaines tels que l’agriculture, par exemple. Il sera possible de suivre le cheptel qui traverse la frontière entre la Tunisie et l’Algérie, ou d’actionner à distance une pompe solaire pour irrigation.
Elle pourra aussi être utilisée dans le domaine du transport et de la logistique, en permettant de suivre la température d’un container ou de la modifier à distance, ou encore de poursuivre sa propre valise dans les aéroports», précise Anis Youssef.

La société Telnet compte donc vendre la couverture Internet offerte par son nouveau satellite, partout dans le monde.

Le coût d’un tel satellite est normalement de 1,5 million de dollars (1,3 million d’euros), mais «nous avons pu le réduire à un tiers de cette somme grâce à nos différents partenariats, qui nous permettront de développer d’autres projets», note le directeur Innovation de Telnet, car «Challenge one» est l’un des 30 satellites similaires qui seront conçus et lancés par la société, afin de couvrir toute la planète 24h/24.

Rappelons que Telnet Holding a signé le 24 juin 2019 un accord avec deux sociétés russes, Sputnix et GK Launch Services, pour le lancement du satellite «Challenge one», puis de 30 autres satellites dédiés à l’Internet des Objets et à la télécommunication, d’ici 2023.

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Tags:
Russie, satellite, Tunisie
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