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L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a défendu le projet Nord Stream 2 visé par un projet de loi américain de nouvelles sanctions. D’après lui, de nombreux emplois sont en danger face à ces mesures qu’il a qualifiées d’«attaque généralisée contre l’économie européenne».

Le projet de loi actuellement en discussion au Congrès américain est «une ingérence inacceptable dans la souveraineté et la sécurité énergétique de l’Europe occidentale», estime l’ancien chancelier allemand et chef du comité des actionnaires du Nord Stream AG, Gerhard Schröder.

Dans sa déclaration pour l’audition publique de la commission économique prévue mercredi au Bundestag, il qualifie par ailleurs les sanctions envisagées d’«attaque généralisée et injustifiée contre l'économie européenne». 

«Les sanctions économiques infligées à un allié de l’Otan pendant la récession économique actuelle ne sont rien d'autre que la fin délibérée du partenariat transatlantique», indique la déclaration diffusée par le quotidien allemand Handelsblatt. 

Des pertes pour les Européens

«Plus de 120 entreprises des secteurs de la construction navale, de l'ingénierie, de l’environnement et de la sécurité qui travaillent ou ont travaillé pour le Nord Stream 2 sont directement concernées. […] Derrière chacune de ces entreprises, il y a des emplois européens en danger», poursuit l’ancien chancelier. 

Il a également mis en garde contre les pertes financières importantes qui peuvent résulter de ces sanctions.

«Des investissements de 12 milliards d'euros dans les infrastructures européennes seraient menacés, et les consommateurs européens seraient confrontés à des coûts supplémentaires pouvant atteindre quatre milliards d'euros par an.»

Auparavant, en se référant à des sources gouvernementales à Berlin, l’agence Bloomberg avait rapporté que l’administration de la chancelière Angela Merkel envisageait de faire pression pour une action coordonnée de la part de l'Union européenne au cas où les États-Unis imposeraient des sanctions supplémentaires.

Renforcement des sanctions

La proposition de loi a été présentée par le Sénat et la Chambre des représentants le 4 juin en renfort des mesures restrictives adoptées en décembre 2019, lesquelles exigent que les entreprises impliquées dans la pose des conduites en mer Baltique arrêtent les travaux. L’une d’elles, la société suisse Allseas, a dû rappeler ses bateaux.

Date prévue du lancement

L’inauguration du gazoduc est prévue fin 2020 début 2021, selon les annonces faites le 22 juin par Gazprom. Long de 1.230 kilomètres, le Nord Stream 2 doit relier le littoral russe à l’Allemagne par le fond de la mer Baltique. Il est prévu que ses deux conduites, d’une capacité annuelle de 55 milliards de mètres cubes, passent par les zones économiques et les eaux territoriales de la Finlande, de la Suède et du Danemark.

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Tags:
gazoduc, États-Unis, Europe, Allemagne, Nord Stream 2 AG, Nord Stream 2
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