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Escalade des tensions en Méditerranée orientale (62)
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Jugeant que l’enquête de l’Otan sur l’incident naval du 10 juin impliquant des frégates françaises et turques au large de la Libye n’a pas établi correctement les faits, la France a décidé de se retirer temporairement de l'opération de sécurité maritime de l’Alliance en Méditerranée, a annoncé ce mercredi le ministère français des Armées.

La France a décidé de «suspendre» sa participation à l’opération navale de l’Alliance atlantique Sea Guardian en Méditerranée, indique un courrier de la représentante permanente du pays auprès de l’Otan, Muriel Domenach, envoyé au secrétaire général Jens Stoltenberg et dont L’Opinion a pris connaissance.

Comme indiqué dans le courrier, la France n’est pas satisfaite de l’enquête de l’Otan sur l’incident naval survenu le 10 juin au large de la Libye entre la frégate française Courbet et la frégate turque Oruçreis.

D’après la partie française, ce «rapport d’enquête n’a pas permis d’établir correctement les faits» ce qui pousse la France à «suspendre la participation de moyens aéronavals français (frégates et avions de patrouille maritime) à l’opération Sea Guardian» lancée en 2016.

Paris exige de respecter l’embargo sur les armes en Libye

Ce mercredi 1er juillet, le ministère français des Armées a confirmé officiellement que la France se retirait de l’opération de l'Otan en question. Paris exige notamment, parmi quatre demandes, «que les alliés réaffirment solennellement leur attachement et leur engagement au respect de l'embargo» sur les armes en Libye. Il réclame aussi un mécanisme de déconfliction plus précis au sein de l'Alliance atlantique.

«Il ne nous paraît pas sain de maintenir des moyens dans une opération censée, parmi ses différentes tâches, contrôler l'embargo avec des alliés qui ne le respectent pas», a fait valoir le ministère, cité par l'AFP.

La responsabilité «criminelle» turque

Lundi 29 juin, Emmanuel Macron a accusé la Turquie de ne respecter aucun de ses engagements de la conférence de Berlin sur la Libye. D’après le Président français, la Turquie «a accru sa présence militaire en Libye et elle a massivement réimporté des combattants djihadistes depuis la Syrie». «C'est la responsabilité historique et criminelle de la Turquie, qui prétend être membre de l'Otan, en tout cas elle le revendique», a-t-il lancé.

Le 22 juin, Emmanuel Macron avait déjà accusé Ankara de jouer un «jeu dangereux» en Libye, dans lequel il voyait une nouvelle démonstration de la «mort cérébrale» de l'Otan.

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