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Alors que la majeure partie du monde occidental se déconfine, le Covid-19 repart à la hausse aux États-Unis. Le docteur Fauci, membre de la «task force coronavirus» outre-Atlantique, craint qu’il y ait bientôt 100.000 nouveaux cas par jour aux États-Unis. Une situation qui fragilise énormément Trump à quatre mois de la Présidentielle.

«Nous avons maintenant plus de 40.000 nouveaux cas par jour. Je ne serais pas surpris que nous passions à 100.000 par jour si ça ne change pas et je suis donc très inquiet», a prévenu le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, devant une commission sénatoriale.   

Le message est clair. En commission parlementaire mardi 30 juin, l’expert a tiré la sonnette d’alarme: «Il est évident que nous n’avons pas le contrôle total actuellement.» Jusque-là, le nombre maximum de nouveaux cas de contamination en 24h n’avait jamais dépassé le cap des 35.000. Mais ce mardi, le dernier bilan journalier de l’université Johns Hopkins recensait 42.528 nouvelles infections et 1.199 morts en 24 heures.

​Aux États-Unis, le gouvernement fédéral émet des lignes directrices et il appartient à chaque État de décider de leur politique de déconfinement. Cependant, la plupart d’entre eux n’ont pas suivi les recommandations de Washington. Ainsi, des États comme la Floride, l’Arizona ou le Texas, qui avaient actionné le déconfinement, ont dû rétropédaler après avoir observé une recrudescence du nombre de cas de contaminations et de décès. Si certains, le Président Trump en tête, imputent ces chiffres monstres au nombre de tests qui ont été conduits, des analyses approfondies montrent que l’Europe conduit –en proportion– plus ou moins le même nombre de tests avec des résultats cruellement différents.

Plus de 2,6 millions de cas de contaminations et plus de 120.000 morts

Le Dr Fauci a exprimé lors de cette commission sa consternation devant des rassemblements populaires qui se sont tenus à travers l’Amérique. Bars, restaurants, plages… Tous ces lieux ont été progressivement rouverts au public, et beaucoup de personnes qui sont revenues fréquenter ces établissements le font sans porter de masque. Las, il a appelé les Américains, et en particulier les jeunes à porter un masque:

«Il est essentiel que nous prenions tous la responsabilité personnelle de ralentir la transmission du Covid-19 et que nous adoptions l’utilisation universelle des protections faciales. Je m’adresse plus particulièrement aux jeunes membres de notre société, aux Millennials et à la génération Z –je demande à ceux qui nous écoutent de faire passer le mot.»

​Les jeunes ne sont pourtant pas les seuls à ne pas porter de masque. Depuis plusieurs semaines, un Donald Trump fragilisé politiquement refuse toujours de porter un masque lors de ses déplacements publics.

Joe Biden, son adversaire à la Présidentielle, a quant à lui sauté sur l’occasion, s’affichant comme le candidat du bon sens, un masque sur le visage à presque toutes ses apparitions. Le sujet est donc devenu, comme souvent aux États-Unis ces dernières années, une question politique et électorale.

​L’ampleur est telle que certains Républicains ont lâché Donald Trump. C’est le cas de Lamar Alexander, le président républicain de la commission des affaires sanitaires du Sénat:

«Cette pratique simple pouvant sauver des vies se retrouve dans un débat politique selon lequel si on soutient Trump, on ne porte pas de masque, mais si on est contre Trump, on en met un», a regretté le sénateur en commission.

Même son de cloche chez Steve Doocy, animateur conservateur de la matinale de Fox News, que regarde souvent le Président Trump: «Je pense que si le Président en portait un, cela donnerait juste un bon exemple. Ce serait un bon modèle. Je ne vois pas en quoi le fait de porter un masque en public est un inconvénient.»

La campagne présidentielle menacée par le Covid-19?

L’inquiétude gagne les rangs des élus, alors que la campagne présidentielle gagne en intensité. À un peu plus d’un mois des conventions républicaines et démocrates, qui ouvrent officiellement la Présidentielle, les perspectives d’une sortie de crise sanitaire demeurent mauvaises.

«Il n’y aura pas de campagne, en tout cas au sens conventionnel du terme», explique au micro de Sputnik Jean-Eric Branaa, spécialiste des questions relatives à la société et la politique américaine et auteur du livre Rien ne sera plus comme avant: l’Amérique au temps du coronavirus, paru ce 8 avril aux éditions VA.

Or, faire l’impasse sur les grands meetings et les débats publics pourrait bien fausser le processus électoral aux États-Unis. La démocratie américaine, déjà branlante, pourrait donc bien se révéler non immunisée au Covid-19.

Donald Trump en mauvaise posture dans les sondages

Et là, aucun doute: c’est surtout le camp de Donald Trump qui pourrait pâtir d’une campagne comateuse.

«Donald Trump mise sur elle pour se relancer, car sans campagne, il ne sera pas élu. Seulement, il n’y aura pas de campagne. À moins que la situation s’améliore miraculeusement, ou qu’il marche sur la lune, il ne pourra pas rattraper son retard sur Joe Biden», estime Jean-Éric Branaa.   

Depuis près d’un mois, il est derrière le candidat démocrate Joe Biden dans tous les sondages, tant au niveau national qu’au niveau des États. L’issue de l’élection de 2016, qui avait vu Trump déjouer tous les pronostics, invite tout de même à la prudence. Mais à ce jour, le Président sortant paraît en mauvaise posture.

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Tags:
élection présidentielle, Donald Trump, Covid-19
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