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Arguant que «tout est symétrique en diplomatie», le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que Moscou répondrait de manière symétrique aux cybersanctions imposées par l’UE à l’encontre de personnalités et entités issues de Russie, soulignant dans ce contexte que «la logique juridique de l'UE [était] manifestement contestable».

Les nouvelles sanctions, imposées par l'Union européenne à l’encontre de personnalité et entités de Russie, de Chine et de Corée du Nord à la suite de supposées cyberattaques mettant en danger l’UE et ses pays membres, s’appuient sur un prétexte sans preuves, selon la diplomatie russe, et la Russie prévoit d’y répondre de manière symétrique.

«La décision prise par le Conseil de l'Union européenne le 30 juillet de mettre en place des mesures restrictives unilatérales contre plusieurs citoyens et structures russes, ainsi que d’autres issus de Chine et de Corée du Nord, laisse perplexe et est regrettable. Une fois de plus, tout a été fait sans preuve, sous le prétexte invraisemblable d'une implication dans quelques cyberincidents survenus dans le passé. Le contexte politique de cette mesure est évident», déplore le ministre russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Tout est symétrique en diplomatie»

La diplomatie russe a également souligné que Moscou était prêt à répondre aux mesures restrictives imposées.

«Bien sûr, une action hostile de l'UE ne restera pas sans réponse. Comme on le sait, tout est symétrique en diplomatie».

De plus, le ministère a indiqué que Moscou a à plusieurs reprises mis en garde l'Union européenne contre les dommages de la multiplication des sanctions unilatérales.

«En outre, c’est totalement illégal du point de vue du droit international. Dans un espace numérique transfrontalier en développement, l'engagement en faveur de solutions multilatérales collectives est particulièrement important. Des efforts concertés sont actuellement nécessaires pour élaborer des règles et des principes universels concernant le comportement responsable des États dans l'espace de l'information. La Russie propose depuis longtemps cette approche.»

La diplomatie russe a rappelé dans son commentaire que Moscou a appelé plusieurs fois l'Union européenne à un dialogue professionnel sur les questions préoccupantes dans le domaine de l'information. La Russie a aussi proposé d’utiliser des mécanismes de l'Onu et de l'OSCE afin d’instaurer la communication mutuelle.

«Au lieu de cela, Bruxelles a choisi de mettre en place un outil de sanctions "sur papier", il y a un an, pour le présenter cyniquement comme une "promotion de la sécurité et de la stabilité internationales dans le cyberespace". Ainsi, la conclusion serait que l'Union européenne préfère une politique de pression unilatérale et de rétractation. Cette approche ne mène pas le monde vers un "ordre fondé sur des règles", que nos partenaires européens aiment tant penser, en oubliant le rôle central de l'Onu, mais plutôt vers de nouvelles confrontations politiques et le cyberchaos», souligne le ministère russe.

Le ministère des Affaires étrangères insiste sur la nature erronée de la décision de l'Union européenne.

«La logique juridique de l'UE, manifestement contestable, attire l'attention: les citoyens russes sont accusés d'implication dans un cyberincident qui a eu lieu en 2018, soit un an avant la mise en place d'un mécanisme de cybersanctions activé par l'Union européenne. En d'autres termes, ils l'appliquent "a posteriori". Les juristes de l’UE ont évidemment consciemment oublié le principe fondamental de l'absence de rétroactivité de la loi», conclu le ministère russe.

L’UE impose de nouvelles sanctions

L’Union européenne a décidé le 30 juillet, pour la première fois, l’introduction de sanctions individuelles à l’encontre de personnalités et entités issues de Russie, de Chine et de Corée du Nord à la suite de supposées cyberattaques mettant en danger l’UE et ses pays membres.

C'est la première fois que l'UE a recours à de telles mesures dans la lutte contre les cyberattaques. Les sanctions frappent quatre ressortissants russes et deux autres chinois, ainsi que trois sociétés: une russe, une chinoise et une nord-coréenne. Elles comprennent l’interdiction d’entrer dans l'UE et le gel des avoirs de ces entreprises sur le territoire européen.

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Tags:
politique, Union européenne (UE), Russie, sanctions
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