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Tensions en Biélorussie à l’issue de la présidentielle 2020 (94)
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Un nombre important de journalistes couvrant l’élection présidentielle en Biélorussie ont été pris à partie. Beaucoup ont été interpellés par les autorités, parfois avec violence. Certains manquent toujours à l’appel.

Plusieurs journalistes ont été malmenés en Biélorussie alors qu’ils couvraient les élections présidentielles.

Au moins six d’entre eux ont été arrêtés par la police. Des interpellations parfois violentes, comme celle du journaliste russe Semyon Pegov, traîné inconscient sur la chaussée par les forces de l’ordre, ainsi que le montre une vidéo postée sur la chaîne YouTube WarGonzo, dont il était le fondateur.

Il est injoignable depuis son arrestation.

Des journalistes de la chaîne de télévision indépendante russe Dojd (TV Rain) ont également été arrêtés par des hommes en civil, a précisé leur employeur sur Telegram. Leur logement à Minsk a par la suite été perquisitionné. La vidéo de cette interpellation est aussi parue sur les réseaux sociaux.

Deux caméramans de l’agence Ruptly ont pour leur part été arrêtés puis retenus pendant plusieurs heures par la police à Minsk, selon la chaîne RT. Ils avaient filmés les bureaux de vote pendant l’élection.

Quelques jours avant, le même sort avait été réservé au journaliste allemand Alexander Burakov, travaillant notamment pour Deutsche Welle. Il lui était reproché de «transporter de l'alcool de contrebande», rapporte Deutsche Welle. Les policiers n’ont rien trouvé dans sa voiture, mais ont soutenu que le véhicule avait été volé et que la plaque d’immatriculation pouvait avoir été falsifiée.

Des journalistes passés à tabac

Des témoignages de passages à tabac ont été rapportés. Plusieurs journalistes du Daily Storm ont ainsi été battus par la police avant d’être eux aussi arrêtés, confie à Sputnik Alena Sivkova, rédactrice en chef du média. Leur collègue Maxim Solopov, travaillant pour Meduza, a également été blessé, rapporte-t-elle.

Un correspondant de Sputnik à Minsk a lui-même été frappé par les forces de l’ordre, alors qu’il rentrait chez lui vers 6 heures du matin. Il s’était arrêté pour prendre en photo des fourgons cellulaires.

Des voix se sont élevées en Russie pour condamner ces incidents.  L’Union des journalistes de Russie a émis via son site internet une «vivre protestation» contre ces placements en détention.

La rédactrice en chef de Sputnik et RT, Margarita Simonian, a également appelé le Président Alexandre Loukachenko à libérer les journalistes détenus. Sur Telegram, la responsable a déclaré que le chef de l’État était «libre de rétablir l'ordre dans son pays à sa guise», mais qu'il n'avait pas le droit de détenir des représentants de la presse pour leur travail.

Dossier:
Tensions en Biélorussie à l’issue de la présidentielle 2020 (94)

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liberté de la presse, Margarita Simonian, chaîne de télévision RT, Sputnik, journalistes, journalisme, Biélorussie
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