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Puissantes explosions au port maritime de Beyrouth (104)
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Le Président de la République libanaise a déclaré à BFM TV que ses concitoyens avaient «beaucoup apprécié» la visite d’Emmanuel Macron après l’explosion dans le port de Beyrouth et a évoqué la démission du gouvernement, tout en estimant «impossible» une telle option pour lui, au risque d’une «vacance de pouvoir» dans le pays.

Le Président libanais, Michel Aoun, est revenu, lors d’une interview accordée en exclusivité à BFM TV, sur la visite d'Emmanuel Macron dans le pays, l’impossibilité pour lui de démissionner, ainsi que sur l’enquête ouverte après la double explosion sur le port de Beyrouth.

Visite du Président français

Après la double explosion sur le port de Beyrouth, le Président français a été le premier chef d'État à se rendre au Liban. Pour Michel Aoun, c’est un geste «positif» que «les Libanais ont beaucoup apprécié».

«Nous le remercions de nous avoir rendu visite très rapidement ainsi que pour ses sentiments vis-à-vis du Liban. Et nous le remercions parce qu’il a pu voir personnellement l’ampleur des dégâts. Ceci, justement, l’a aidé à réunir la conférence de Paris très rapidement pour l’aide au Liban», a-t-il fait remarquer.

Michel Aoun a rejeté les accusations d'ingérence de la part du Président français.

«Je ne pense pas qu’il y ait ingérence dans nos affaires intérieures. Bien au contraire, je dirais que ça provient justement de l’amour qu’a le Président Macron pour le Liban. [...] Lorsque quelqu’un vient pour tendre la main, ceci ne s’appelle pas ingérence dans les affaires de l’autre. Il a le droit de donner des conseils pour que le travail soit bien fait.»

Selon lui, une éventuelle ingérence consisterait à «s'immiscer dans la désignation d'un gouvernement» ce qui n'a pas été le cas.

«Qui assurera le suivi du pouvoir?»

À la suite des explosions meurtrières, le peuple libanais est descendu dans les rues pour exiger la démission du gouvernement. Face à cette colère, Michel Aoun a déclaré être du côté du peuple.

Dans ce contexte, il a assuré n’avoir jamais pensé à quitter le pouvoir malgré la pression populaire.

«C’est impossible car ceci nous conduirait à une vacance de pouvoir. Le gouvernement a démissionné. Supposons que, moi le Président, je démissionne: qui assurera le suivi du pouvoir? Si je démissionnais, il faudrait tout de suite organiser des élections. Mais la situation actuelle dans le pays ne permet pas d’organiser de telles élections qui représenteraient réellement le peuple», a-t-il affirmé.

Il a ajouté qu’il était «issu du peuple» et qu’il partageait la douleur des habitants.

L’enquête

Revenant sur le drame, Michel Aoun a déclaré que toutes les hypothèses restaient «encore d'actualité», que ce soit celle de «la négligence» ou celle d’«un missile».

Il a noté dans ce contexte que «l'enquête ne pourrait pas aboutir très rapidement comme on le souhaitait».

«Nous avons la volonté de faire aboutir l’enquête très rapidement. Nous avons découvert également que la situation est très complexe. [...] À ma demande, avant sa démission, le gouvernement a demandé au Conseil judiciaire de s’occuper de superviser l’enquête et de désigner un magistrat indépendant pour qu’il enquête sur ce crime.»

Michel Aoun a également assuré que des enquêteurs internationaux se trouvaient actuellement au Liban.

Dossier:
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Tags:
Michel Aoun, Emmanuel Macron, France, Liban
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