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Tensions en Biélorussie à l’issue de la présidentielle 2020 (95)
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Alors que certains salariés de Minsk sont en grève ce 17 août, le Président biélorusse, en rencontrant les ouvriers d'une usine, a martelé qu’il n’y aurait pas d’autre élection présidentielle, sans pour autant exclure un changement de constitution. Le dirigeant a également appelé les manifestants à ne pas pousser les policiers à des violences.

Alexandre Loukachenko s'est rendu ce 17 août en hélicoptère à l'Usine de fabrication de véhicules-tracteurs (MZKT) pour y rencontrer les ouvriers, alors que d’autres sont en grève un peu partout dans le pays. Lors de sa visite, le Président a tenu à signaler que les salariés grévistes «ne le mettront pas à genoux avec leurs protestations».

«Je le répète une fois de plus: ne le prenez pas mal, mais vous ne me mettrez pas à genoux. Et surtout, ne faites rien qui puisse porter préjudice à vous ou à vos familles. Vous le sentirez dans une semaine quand vous aurez mis le bazar dans l'entreprise», a déclaré Alexandre Loukachenko, cité par le site tut.by.

Des travaux sur un changement de constitution annoncés

Lors de sa prise de parole, le Président biélorusse a répété une fois encore qu’il n’y aurait pas d’autre élection présidentielle dans le pays:

«La Biélorussie a organisé une élection et il n'y en aura pas d'autre».

Selon l’agence Belta, le Président a pourtant annoncé que des travaux sur un changement de constitution du pays, prévoyant une redistribution du pouvoir, étaient en cours.

«Il n’est pas possible de transférer cette constitution à n’importe qui, parce qu'il y aura des problèmes», a-t-il dit, tout en précisant être prêt à partager ses pouvoirs présidentiels. «Mais pas sous pression, ni à travers la rue».

Une «réponse adéquate» aux provocations

Lors de son discours, le Président biélorusse a indiqué que les violences perpétrées par les forces de l’ordre résultaient de provocations de la part d’émeutiers.

Selon l’agence Belta, le chef de l’État a attiré l'attention sur le fait que de nombreux participants aux émeutes avaient délibérément planifié leurs actes à l’avance, même le jour du scrutin avant la fermeture des bureaux de vote. Beaucoup d'entre eux, selon M.Loukachenko, étaient en état d’ébriété ou sous l'influence de drogues.

Il a également appelé les manifestants à ne pas irriter les fonctionnaires, en soulignant qu'il y aura une réponse appropriée aux provocations.

«Nous répondrons aux provocations de manière adéquate. Essayez de comprendre, aucun militaire ne vous pardonnera jamais si vous le frappez au dos. J'avais demandé avant ces événements de ne pas les irriter. Ils protègent leurs familles, qui sont sous pression via les réseaux sociaux», a déclaré Alexandre Loukachenko.

Grèves à travers le pays

Les employés de plusieurs usines de Minsk ont manifesté ce 17 août à l'appel de l'opposition biélorusse, qui a annoncé une grève générale pour pousser le Président Loukachenko au départ.

Lundi matin, des milliers de manifestants se sont réunis devant l'Usine de fabrication de véhicules-tracteurs (MZKT) et l'usine de tracteurs (MTZ) de Minsk ainsi que devant le siège de la télévision publique biélorusse, brandissant le drapeau rouge et blanc de l'opposition et lançant des slogans contre le pouvoir.

«La position de notre direction est de sauvegarder l'équipe, l'usine. Vitali Vovk [directeur général, ndlr.] souligne qu'il ne créera pas d'obstacles pour les ouvriers exprimant leur position civique, mais les a exhortés lors de la réunion à ne pas imposer leurs opinions et à permettre à tous d’aller travailler tranquillement. Pour le moment, le bâtiment de montage des tracteurs fonctionne, les produits finis sont expédiés», a noté à Sputnik le représentant de l'entreprise.

Quant à la manifestation devant la télévision publique nationale, ses participants ont indiqué à Sputnik qu'ils ne voulaient pas démissionner, qu'ils iraient au bureau, mais sans exercer leurs fonctions.

Dossier:
Tensions en Biélorussie à l’issue de la présidentielle 2020 (95)

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émeutes, Constitution, président, élections, grève, manifestation, Minsk, Alexandre Loukachenko, Biélorussie
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