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À l’heure où Trump abat ses dernières cartes pour mettre à genoux l’Iran, la France peut-elle faire entendre sa voix? Tant sur l’embargo sur les ventes d’armes que sur l’accord nucléaire, pour Ardavan Amir-Aslani, spécialiste de ce pays du Moyen-Orient, la France s’aligne systématiquement sur la position américaine. Et il en sera de même au Liban.

Ils sont ulcérés. Ce vendredi 21 août, les États-Unis s’insurgent contre l’avis des Européens sur la prolongation de l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. En effet, une semaine après s’être abstenue lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU pour proroger cet embargo, la France et ses partenaires ont désapprouvé la réclamation américaine (snapback) visant à rétablir des sanctions internationales contre l’Iran. Le Secrétaire d’État Mike Pompeo enrage et accuse ses alliés de «s’aligner sur les ayatollahs».

Quel rôle joue la France envers l’Iran? Cherche-t-elle à s’émanciper de la politique américaine, agressive à l’égard de ce pays du Moyen-Orient?

Ardavan Amir-Aslani, avocat d’affaires franco-iranien, cofondateur du cabinet Cohen Amir-Aslani et auteur d'ouvrages traitant de géopolitique au Moyen-Orient, dénonce, dans ce nouveau Désalliances, l’alignement de la France sur les États-Unis dans les dossiers iraniens. Emmanuel Macron avait en effet fini par adopter le discours de Donald Trump sur le nucléaire iranien signé en 2015. Aujourd’hui, Paris fait une nouvelle fois le même constat que Washington concernant la vente d’armes à l’Iran. Selon le Quai d’Orsay, la sécurité et la stabilité régionale ne manqueront pas d’être impactées si Téhéran parvient à acheter de nouvelles armes.

Et ce n’est pas l’abstention européenne au vote pour la résolution américaine de prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran lors du Conseil de sécurité de l’ONU du vendredi 14 août qui pousse Ardavan Amir-Aslani à changer son analyse.

Au contraire, l’avocat franco-iranien, qui a été l’intermédiaire de nombreuses entreprises françaises en Iran entre 2015 et 2018, fait observer que la France a préféré s’abstenir au lieu de voter contre le projet américain. Celui-ci va pourtant à l’encontre des initiatives diplomatiques françaises puisque l’Iran a promis de sortir de l’accord sur le nucléaire si l’embargo était prolongé après le 18 octobre prochain. 

Or, même si l’abstention retoquait la résolution américaine, la France ne s’est donc pas opposée aux États-Unis comme l’ont fait la Chine et la Russie.

Cette position «d’intermédiaire honnête» pour l’Iran, «de troisième voie» sur le plan international dans les relations avec Téhéran, semble impossible à tenir pour Paris, selon Ardavan Amir-Aslani. L’agressivité américaine, notamment illustrée par l’extraterritorialité de ses lois, apparaît trop oppressante devant la faiblesse européenne.

Et pour l’invité de Sputnik, cette approche alternative ne tiendra pas non plus au Liban. En effet, Paris refuse de désigner le Hezbollah, une des premières forces politiques au pays du Cèdre et allié à l’Iran, comme une organisation terroriste. Mais jusqu’à quand? Les pressions américaines et israéliennes ont d’ores et déjà fait infléchir les partenaires britanniques et allemands qui ont dénoncé le mouvement chiite libanais.

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Tags:
sanctions contre l'Iran, embargo, Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, France, États-Unis, accord iranien, Iran
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