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Témoignage de la possibilité d’une coopération scientifique transversale, l’assemblage d’ITER, le réacteur thermonucléaire expérimental international, a commencé à Cadarache. Mikhaïl Makarov, représentant commercial de la Russie en France, décline pour Sputnik les incidences que ce projet pourrait avoir sur la coopération franco-russe.

Le 28 juillet dernier, le «chantier du siècle», près du centre de recherche de Cadarache, est passé à la vitesse supérieure. Ce jour-là, l’assemblage d’ITER, le plus grand réacteur thermonucléaire expérimental au monde, a officiellement commencé, un lancement notamment salué par Emmanuel Macron. Ce «soleil artificiel» sera capable de produire sept milliards de kW/h d’électricité par an. Pour l’instant, ITER est le seul projet impliquant Moscou à ne pas faire l’objet de sanctions internationales.

Mikhaïl Makarov, représentant commercial de la Russie en France, confirme dans une interview à Sputnik que ce projet industriel impliquant 35 pays, «dans sa structure même, dans son idéologie, est apolitique et non soumis à la conjoncture actuelle». L’histoire du projet est riche en exemples où les pays ont réussi à surmonter des moments politiquement difficiles.

«Il y a eu des moments où, en raison des sanctions imposées, des entreprises russes ont eu des difficultés à acquérir des équipements pour remplir leurs obligations dans le cadre du projet ITER, rappelle Mikhaïl Makarov. Dans tous ces cas, les difficultés ont été surmontées avec l’implication des structures de l’Union européenne et grâce à l’intervention du directeur général d’ITER, Bernard Bigot.»

Le directeur de la représentation commerciale russe cite notamment une anecdote remontant à fin avril, début mai 2020, quand dix semi-remorques avec de l’équipement électrique pour ITER ont fait le trajet de Saint-Pétersbourg à Cadarache.

Fusion nucléaire et coronavirus

Il s’agissait de l’un des équipements russes les plus importants et les plus volumineux sur le total des 25 systèmes dont la Russie est responsable.

«La livraison a été effectuée au moment du pic de la pandémie de coronavirus, lorsque les frontières des États européens étaient fermées au transport. Malgré cela, les véhicules avec une cargaison aussi précieuse pour la mise en œuvre du projet sont arrivés avec succès à leur destination dans le sud de la France», souligne Mikhaïl Makarov.

L’aspect unique de l’aventure humaine actuelle est que «la coopération dans le cadre du projet ITER est un tout nouveau format de coopération scientifique et technique internationale»:

«Des pays aux cultures, traditions et approches scientifiques complètement différentes ont appris à parler la même langue, au sens propre comme au sens figuré. À cet égard, ITER est un exemple éclatant de la façon dont un seul grand objectif peut effacer les différences et devenir un lien pour une coopération internationale étroite», se félicite Mikhaïl Makarov.

Le directeur exprime également la certitude que «les futurs projets de ce niveau, les projets de classe Big Science, devraient et seront construits sur le chemin que nous avons parcouru». Il n’hésite pas à citer quelques chiffres témoignant de la prouesse de la coopération russo-française en ces temps difficiles: en 2019, les échanges commerciaux entre ces pays s’élevaient à environ 15 milliards de dollars américains, qui représentent «une augmentation significative par rapport à l’année critique pour les relations économiques extérieures en 2014.»

Un projet «apolitique», mais vivant dans son temps

Mikhaïl Makarov reste persuadé que pour la France comme pour la Russie, «il s’agit d’un projet-phare d’une importance colossale, autant pour les sciences appliquées, qu’en termes d’image». Cela sous-entend pour la représentation commerciale russe le besoin de poursuivre «de manière continue» la coopération entre les deux pays.

«En 2006, l’année de la signature de l’accord international sur la création de l’Organisation ITER, l’Agence ITER de France a été créée. Ses compétences comprennent l’interaction avec les organisations internationales, les questions de contributions financières et en nature à l’organisation ITER, l’exécution de nombreux travaux sur le chantier de construction du réacteur et bien d’autres questions», détaille Mikhaïl Makarov.

Un nombre important d’employés russes travaillent dans l’organisation ITER participent à la mise en œuvre du projet et visitent régulièrement le site de construction du réacteur. Le directeur de la représentation commerciale rappelle que «des stages pour de jeunes spécialistes russes sont régulièrement organisés». Un bureau d’accueil, créé au sein de la structure d’ITER, «est impliqué dans l’assistance pratique aux employés, les aidant à résoudre les problèmes au quotidien» pour faciliter leur adaptation.

ITER, moteur des relations bilatérales

La mise en place des premiers composants du réacteur à Saint-Paul-lès-Durance a suscité beaucoup d’enthousiasme. Désormais, l’objectif principal est d’obtenir le premier plasma en 2025, une «échéance clairement définie par l’actuel directeur général d’ITER, Bernard Bigot», lors de sa prise de fonction en 2015.

«Il ne faut pas oublier qu’ITER est un équipement expérimental. Son objectif principal est de développer des processus technologiques. Par conséquent, les travaux de recherche seront menés par étapes», rappelle Mikhaïl Makarov.

Pour le représentant commercial russe, si les expériences pratiquées au sein du réacteur ITER sont couronnées de succès, selon le scénario esquissé par la communauté internationale («et nous n’en doutons pas», souligne Mikhaïl Makarov), on peut s’attendre à l’apparition «d’ici le milieu du siècle» d’une première centrale thermonucléaire internationale «plus sûre, fondamentalement nouvelle, potentiellement plus puissante

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Tags:
relations bilatérales, commerce, Russie, France, ITER
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