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Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)
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D’après le témoignage de la journaliste américaine Cassandra Fairbanks présenté par la défense du fondateur de WikiLeaks, son arrestation à l’ambassade d’Équateur à Londres en 2019 s’est faite sur «des ordres directs du Président américain».

Lundi 21 septembre, dans le cadre du procès sur l’extradition de Julian Assange, ses avocats ont présenté à la cour le témoignage de la journaliste américaine Cassandra Fairbanks, laquelle a affirmé que son arrestation à l’ambassade d’Équateur à Londres le 11 avril 2019 par les autorités britanniques avait été ordonnée par Donald Trump.

«L'arrestation de Julian Assange à l'ambassade a été coordonnée sur "des ordres directs du Président américain"», a déclaré la défense en lisant la déclaration de la journaliste.

En 2018, cette dernière avait été contactée par Arthur Schwartz, conseiller informel de Donald Trump et travaillant avec l’ex-ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Richard Grenell. Celui-ci souhaitait lui faire supprimer un tweet dont il croyait qu’il contenait des «informations classifiées».

«Enlever un réfugié politique»

Plus tard dans la conversation, Mme Fairbanks, apprenant les prochaines étapes des poursuites contre Assange, dont son interlocuteur semblait particulièrement bien informé et donc très proche du dossier, lui a indiqué qu’«enlever un réfugié politique de l’ambassade équatorienne serait un acte de guerre». «Pas si on nous laisse faire», lui a répondu M. Schwartz, ignorant que la conversation était enregistrée.

Durant les conversations suivantes, M.Schwartz a admis, toujours en ignorant être enregistré par son interlocutrice, que «le Président Trump avait personnellement ordonné l’arrestation», et que l’accord avait été négocié par Richard Grenell.

Après révélation de ces entretiens téléphoniques, Mme Fairbanks a affirmé avoir subi des menaces. Son employeur aurait été contacté par M. Schwartz pour la faire licencier.

La suite du procès Assange

Concrètement, cette révélation appuie la défense de Julian Assange dans sa volonté de démontrer que les accusations des États-Unis, qui réclament son extradition, ne sont pas motivées par la justice, mais bien pour des raisons politiques. Les audiences devraient encore se poursuivre à Old Bailey, la Haute cour criminelle britannique, pour au moins une ou deux semaines.

Le fondateur de WikiLeaks risque jusqu’à 175 ans de prison aux États-Unis s’il est reconnu coupable de toutes les accusations portées contre lui, notamment de la publication de documents confidentiels sur les guerres en Afghanistan et en Irak.

Après s’être réfugié pendant sept ans à l’ambassade d’Équateur à Londres, il a été arrêté en avril 2019 et placé dans la prison de haute sécurité de Belmarsh pour avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution. Outre ses conditions de détention dénoncées à plusieurs reprises, ses proches et défenseurs craignent que son extradition aux USA ne soit synonyme de peine de mort.

Dossier:
Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)

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