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Selon le Département américain de la sécurité intérieure, «les extrémistes suprémacistes blancs resteront la menace la plus présente et la plus mortelle dans le pays jusqu’en 2021» parmi les activistes américains. Philippe-Joseph Salazar, auteur et professeur, raconte sa plongée dans cet univers au micro de Rachel Marsden.

Dans une nouvelle édition de son évaluation annuelle des menaces nationales, le Département américain de la Sécurité intérieure aurait identifié le suprémacisme blanc comme la principale menace terroriste sur le territoire américain .

Une version non finalisée de ce document mentionne que l’administration estime que «les délinquants isolés et les petits groupes à motivation idéologique constitueront la plus grande menace terroriste pour la patrie jusqu’en 2021, les extrémistes suprémacistes blancs représentant la menace la plus meurtrière.» Il souligne également la coopération internationale et la communication entre ces personnes partageant ces idées.

Tout cela en dépit du fait que Donald Trump a lui-même dénoncé à plusieurs reprises les radicaux antifascistes comme une menace, au point de souhaiter que ces «antifas» soient classés parmi les groupes terroristes. Le Président américain s’est en revanche gardé d’associer le suprémacisme blanc à une menace terroriste nationale.

Alors, qui a raison? Qui représente la vraie menace terroriste aujourd’hui: l’extrême droite ou l’extrême gauche? Et ces suprémacistes, qui sont-ils vraiment? Philippe-Joseph Salazar vient de publier Suprémacistes: L’enquête mondiale chez les gourous de la droite identitaire (Éd. Plon). Selon lui, le problème est mal envisagé en France:

«Il y a une sorte de cliché en France depuis l’instauration de la Ve République et la lutte du gaullisme contre l’extrême droite, qui était néofasciste à l’époque, c’est de tout voir sous la catégorie de “groupuscule”. Et alors, on est toujours à la recherche du prochain groupuscule, et de se poser une question macro, c’est-à-dire, est-ce qu’il y a une idéologie en formation? Parce que ce sont les idées qui mènent le monde.»

Le professeur à la faculté de droit du Cap en Afrique du Sud replace ces enjeux idéologiques dans une perspective historique: 

«C’est un combat d’idées qui est en train de se développer et ce mouvement de fond est tout à fait comparable au marxisme du XIXe siècle, et cela, ils ne veulent pas le voir, parce que l’une des traditions des antifas ou l’extrême gauche en France et en Europe, c’est que la droite est bête, et donc l’extrême droite est extrêmement bête. Mais ce n’est pas l’extrême droite. C’est quelque chose de tout à fait nouveau, avec beaucoup de jeunes. Dans une certaine mesure, ils sont assez proches dans leurs moyens de propagande de l’ancien califat de l’État islamique*.»

Mais ces acteurs ne sont-ils pas coupables de s’être enfermés dans une bulle idéologique, excluant toute opinion différente de la leur? Salazar répond:

«Pour eux, c’est nous qui sommes dans une bulle, au contraire. Une bulle d’idées normée par le système d’éducation, normée par la propagande d’État, où on force les idées sur les gens. Donc, c’est ça leur argument.»

Mais comment peuvent-ils espérer influencer le monde quand leurs idées sont marginalisées et souvent jugées odieuses? D’après Salazar:

«Nous sommes tellement centrés, dans les démocraties occidentales en particulier, sur des canaux officiels de communication –c’est-à-dire les grands médias– que nous ne voyons pas ou ne voulons pas voir tous les autres canaux de communication que le Web 2.0 a permis d’ouvrir. Et c’est là où les choses se passent.[…] nous ne voyons pas que ce monde s’est ouvert de manière extraordinaire et qu’ailleurs l’information, les gens, les idées circulent.»

* l’État islamique est une organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
terrorisme, violences, États-Unis, racisme
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