Amour de la langue, du foot, des échecs ou de la place Rouge, tous les chemins mènent au russe!

© Sputnik . Oxana BobrovitchUne bibliothèque, livres russes. Image d'illustration.
Une bibliothèque, livres russes. Image d'illustration. - Sputnik Afrique
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Après plusieurs mois d’apprentissage du russe en ligne, pandémie de Covid-19 oblige, le Centre de Russie pour la science et la culture ouvre à nouveau ses portes au cœur de Paris, rue Boissière. Ravis de cette possibilité, trois élèves partagent avec Sputnik leur attachement à la langue et la civilisation russes.

Alors que le monde entier se fixe comme devoir d’apprendre l’anglais «utile», certains Français s’entêtent à étudier le russe… Pourquoi? Sputnik a posé cette question aux élèves du Centre de Russie pour la science et la culture (CRSC), à Paris, qui, après une période de confinement, reprennent le chemin de l’école. Restant dans l’air du temps «post-Covid», le Centre propose désormais deux formats d’apprentissage: en ligne ou dans leurs locaux de la rue Boissière, dans le XVIe arrondissement.

Apprendre le russe par amour de la littérature

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Cendrine Anton, historienne de formation, qui «aime l’histoire russe» et sa littérature, «rêve de lire Boulgakov dans la langue». Surtout Le Maître et Marguerite, son «roman favori». Ses parents l’ont plongée très tôt dans le «bain russe» en lui offrant «un grand nombre» de contes russes. Ces derniers ont envouté la jeune enfant par «l’imaginaire, les histoires, les paysages, les jolis prénoms, les plats, l’esthétique.» Cendrine s’est depuis lors passionnée pour la langue russe.

«Grâce aux nombreuses conférences et expositions proposées par le Centre culturel, je n’ai plus aucune difficulté pour parfaire mon apprentissage. Ce qui me manque le plus, ce sont de vraies conversations, des échanges humains en situation de vie», détaille Cendrine Anton au micro de Sputnik.

Cendrine tient surtout à souligner «la pédagogie, la rigueur, la précision et l’immense culture» de son enseignante depuis trois ans, Lylia Trannoy, bien connue dans les cercles d’affaires parisiens pour son enseignement du «russe des affaires».

«Étudier la langue russe est pour moi un vrai projet qui m’enthousiasme un peu plus chaque année», souligne l’historienne.

Et même si ses proches sont «bluffés» par son amour pour la culture russe, cet engouement a déjà fait des adeptes: le fils de l’une de ses amies étudie le russe au collège «car cet enthousiasme l’a convaincu

L’amour de la langue… d’un fan de foot

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Parfois, on s’approche de la langue de Pouchkine par des chemins plus détournés. Tel est le cas de Julien La Torre, qui a contracté ce virus dans son adolescence en apprenant à jouer aux échecs. Là, il s’est «rendu compte que les meilleurs joueurs étaient russes». «Depuis, la passion pour ce pays n’a fait que grandir au fil de ma vie», affirme ce quadragénaire au micro de Sputnik.

«Bien sûr, j’ai beaucoup de difficultés à faire des progrès en russe, car c’est une langue difficile à apprendre… et je suis aussi un peu paresseux», glisse Julien La Torre avec malice.

Néanmoins, pour M. La Torre, les sources de perfectionnement ne manquent pas: «on peut trouver assez facilement» des ouvrages sur la Russie ancienne, même si pour la Russie contemporaine, il mentionne «le prisme déformant de la vision occidentale

«J’aimerais que les gens [les Français, ndlr] soient moins réticents vis-à-vis des Russes en général, il y a encore beaucoup trop de stéréotypes négatifs concernant les Russes et la Russie», déplore Julien La Torre.

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Amateur de foot averti, Julien La Torre admet qu’il «ne soutenait pas du tout une équipe comme le PSG [durant son adolescence, ndlr], mais au contraire, le Dynamo Kiev ou le Spartak Moscou

«Aujourd’hui, il est encore difficile pour moi de faire un choix lorsque, par exemple, il y a un match de foot entre la France et la Russie ou l’Ukraine, ou la Biélorussie, car j’aime aussi ces pays. J’encourage souvent les deux équipes!», rit Julien La Torre.

Néanmoins, certains contacts font de la peine à ce joueur d’échecs: il trouve que «beaucoup de Russes sont encore trop méfiants par rapport aux étrangers

«C’est difficile à expliquer, mais je me sens chez moi en Russie, et plus spécialement à Moscou, sur la place Rouge. Cela fait peut-être un peu cliché et j’ai bien sûr encore beaucoup de choses à découvrir en Russie et des Russes, mais tout ce que je vous ai dit ici est pure vérité», souligne le fan de football et d’échecs.

Ainsi constate-t-il avec amertume, et «depuis quelque temps», une certaine méfiance quand il tente de parler russe pour «briser la glace». Une tentative qui ne fonctionne pas «avec certaines personnes», ce qui lui «fait grand mal», tant il éprouve «un vrai amour pour ce peuple et cette langue».

Internet, un réel soutien à l’apprentissage

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Pour Diane Fauconnier, qui a étudié le russe en deuxième langue vivante pendant ses études secondaires, l’occasion de poursuivre cet apprentissage ne s’est pas présentée par la suite. Mais pour elle aussi, l’heure de revenir sur les bancs de l’école a sonné, puisque pour «suivre des projets de coopération bilatérale avec la Fédération de Russie», elle a décidé, «il y a deux ans, de reprendre des cours de langue russe au CRSC afin de pouvoir communiquer directement» avec ses correspondants.

«Internet permet un accès facile à de multiples sources d’informations: journaux et magazines russes en ligne, émissions télévisées ou films diffusés sur YouTube. Les professeurs du centre nous informent aussi sur des évènements utiles», précise Diane Fauconnier. 

Tout comme son «camarade de classe», la jeune femme souligne que le russe est une «très belle langue, mais très difficile à apprendre» pour un Français. Mais pas pour Diane, qui fait preuve «d’une volonté de se perfectionner en russe» qui impressionne ses amis et ses proches.

«L’apprentissage demande beaucoup de temps, de discipline et de persévérance. Je pense que cela freine beaucoup de personnes», estime Diane Fauconnier.

Mais cela ne la freine en aucun cas. À travers ses voyages réguliers en Russie «pour des missions professionnelles ou des cours de perfectionnement en langue», Diane garde une vision très positive des Russes, qu’elle trouve «chaleureux et accueillants, très loin des clichés et des préjugés que l’on entend souvent sur le pays

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