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Le ton est monté entre Paris et Ankara à propos du conflit territorial entre la Turquie et la Grèce. Mais Emmanuel Macron se trompe-t-il de combat? La vente de Rafales à la Grèce peut-elle changer l’équilibre des forces? Analyse de Yasar Yakis, ancien ministre turc des Affaires étrangères, au micro de Rachel Marsden.

L’échange de déclarations entre Emmanuel Macron et le Président turc Recep Erdogan à cause des tensions en Méditerranée orientale entre la Turquie et la Grèce a rapidement dégénéré et la situation semble bloquée.

Mais cette impasse pourrait-elle se transformer en une guerre ouverte? Ou pourrait-elle même faire exploser l’Union européenne? Car l’Allemagne –partenaire majeur de la France en Europe– semble résolue à ne pas s’impliquer dans ce conflit, alors que la France a renforcé sa présence militaire dans la région avec des navires de guerre et des avions de combat Rafale. Des tensions qui profitent à Paris, qui vient de gagner un nouveau client en vendant 18 Rafale à la Grèce, en plein bras de fer avec la Turquie. L’élément déclencheur de ces tensions sont les revendications turques sur les droits de forage pétrolier et gazier des îles grecques proches de ses côtes.

Comment la situation est-elle susceptible d’évoluer? Que va-t-il advenir de la vision de Macron d’une défense européenne à l’aune de cette crise? Yasar Yakis, ancien ministre turc des Affaires étrangères, explique comment la position de la France fait fi de sa propre histoire:

«Un conflit similaire entre la France et l’Angleterre, qui est presque identique à ce conflit [en Méditerranée orientale, ndlr] a été tranché par la Cour Internationale de Justice (CIJ). Il s’agit de l’île de Jersey, dans la Manche. Cette île est près des côtes françaises, mais elle appartient à l’Angleterre. L’Angleterre voulait faire valoir contre la France que l’espace maritime entre cette île et l’Angleterre devrait être considéré comme une zone de juridiction maritime de l’Angleterre.
Les deux pays se sont entendus pour porter le dossier à la CIJ. La cour a jugé en faveur de la France, c’est-à-dire que l’île de Jersey pourrait avoir ses propres eaux territoriales autour d’elle [mais enclavées dans les eaux territoriales françaises, ndlr]… La Turquie demande exactement la même chose que la France.»

La vente de 18 Rafales de la France à la Grèce pourrait-elle changer la donne? Yasar Yakis douche certains optimismes:

«Dix-huit Rafale, est-ce que ça peut changer l’équilibre entre la Turquie –qui est la deuxième plus grande armée de l’Otan après les États-Unis– et la Grèce, qui n’est pas comparable à la taille de l’armée turque? Je ne pense pas que les politiciens vont se jeter au feu dans cette circonstance parce que la balance penche en faveur de la Turquie dans cette situation.»

Macron a aussi déclaré cet été: «Il n’est pas acceptable que l’espace maritime d’un État membre de notre union soit violé ou menacé. Ceux qui y contribuent doivent être sanctionnés.» L’ancien ministre réagit à cette idée de sanctions:

«La Turquie est un pays trop grand pour être affecté par des sanctions qui vont être imposées par l’Union européenne.»

Pour sa part, le Président Erdogan a vertement réagi: «M. Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi». Que pense l’ancien ministre turc des Affaires étrangères de ces propos? 

«C’est un peu de la démagogie politique, à mon avis. Je ne pense pas que les chefs d’État devraient s’adresser à leurs collègues avec cette sorte de polémique.»

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Turquie, France, pétrole, Méditerranée orientale
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