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Donald Trump atteint du Covid-19 (27)
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À qui la contamination de Donald Trump et de sa compagne au Covid-19 profite-t-elle? Sputnik a posé la question à l’avocat Olivier Piton, spécialiste des États-Unis. Contrairement aux apparences, cette séquence pourrait bien ne pas lui être défavorable.

C’est une bombe électorale qui a explosé dans la nuit aux États-Unis: le Président et candidat Donald Trump, ainsi que sa femme Melania, ont été testés positif au Covid-19, à 32 jours de l’élection présidentielle. Une contamination qui pourrait être à la fois la pire et la meilleure nouvelle pour le 45e président des États-Unis, en vue du scrutin du 3 novembre.

Bien sûr, pour certains de ses pires détracteurs, Donald Trump semblerait presque payer pour ses propres erreurs. Selon un sondage ABC/Ipsos publié mi-septembre, 65% de l’opinion américaine jugerait avec sévérité la gestion de la crise sanitaire par Donald Trump. Une simple histoire de «karma» ou de providence divine, donc, pour ses féroces opposants.

​Mais, dans une élection déjà indécise, la prudence serait de mise «avant de se positionner pour savoir à qui profite cette séquence», prévient au micro de Sputnik Me Olivier Piton, auteur du livre Les Transgressifs au pouvoir (Éd. Plon, 2017).

La fameuse «surprise d’octobre» finalement arrivée?

Car, selon la gravité de la maladie, les conséquences de cette contamination peuvent être complètement différentes.

«Pour se positionner, il faut d’abord savoir s’il est malade de manière asymptomatique, et donc s’il peut continuer de travailler en quatorzaine et occuper le terrain sans être physiquement présent, ou s’il est réellement malade et doit couper court à sa campagne», indique l’avocat en droit public.

«Pour le moment, le Président et la Première dame vont bien. Ils prévoient de rester à la Maison-Blanche pendant leur rétablissement. J'attends du Président qu'il continue d'exercer ses fonctions sans aucune interruption», a déclaré Sean Conley, son médecin personnel. Mais rien ne garantit que sa santé ne se détériore dans les jours à venir.  

L’avocat en droit public rappelle que Donald Trump a tout de même 74 ans, qu’il est en surpoids, et que sa fonction ainsi que la campagne l’exposent à un stress considérable.

Dans tous les cas, du point de vue de la visibilité, sa campagne prend un coup. Habitué à être le centre d’attention lors de grands meetings, avec des milliers de participants l’acclamant comme une star de téléréalité, Trump ne pourra répondre à cette attente pendant au moins quatorze jours. Une éternité en période électorale. Et son image pourrait en pâtir, affirme Olivier Piot:  

«Il a beaucoup joué sur l’image du mâle alpha, viril. Le fait qu’il soit malade est une faiblesse. C’est donc un mauvais point pour lui. Il n’affiche plus cette image d’homme providentiel, masculin et triomphant qu’il avait il y a encore 24 heures.»

Après tout, le réflexe est de s’éloigner d’un malade. Reste à savoir comment cet instinct se traduit électoralement.

Les Démocrates contraints à la compassion?

Mais à quelque chose malheur est bon. Cette contamination pourrait tout aussi bien être une bonne nouvelle pour la campagne de l’actuel pensionnaire de la Maison-Blanche. «Ce qui lui arrive peut susciter une vague de compassion et d’empathie qui peut lui être bénéfique électoralement», estime Olivier Piton.

Traduction: «Jill et moi adressons nos pensées au Président Trump et à la Première dame Melania Trump et leur souhaitons un prompt rétablissement. Nous continuerons à prier pour la santé et la sécurité du Président et de sa famille.»

Le tweet susmentionné en est la preuve formelle. Et cet élan compassionnel pourrait porter un sérieux coup à la stratégie de campagne de Joe Biden.

«L’un des principaux axes de la campagne de Joe Biden était de taper sur le méchant Trump. Maintenant qu’il est malade, il devient difficile de l’attaquer car ce serait très mal perçu», analyse Olivier Piton.

Des précédents historiques ont par ailleurs déjà marqué la politique américaine. Et la maladie n’a pas toujours joué en défaveur de l’intéressé. ((insert))

​Plus récemment, au Brésil cette fois, ce fut aussi le cas de Jair Bolsonaro. Victime d’un coup de couteau, il a quand même été élu par la suite – bien que cette tentative d’assassinat ne puisse expliquer à elle seule son élection.  

Les Démocrates ressentent ce danger et, sur la Toile, nombre d’entre eux vont jusqu’à affirmer qu’il s’agit d’une ruse de campagne et non d’une réalité médicale. En atteste le sondage Twitter ci-dessous, lancé par un partisan de Biden, qui demande aux twittos leur avis sur la véracité cette information, avec un échantillon de plus de 200.000 votants. Le résultat est pour le moins surprenant:

​Une incertitude supplémentaire, donc, dans une campagne déjà bien incertaine.

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Covid-19, Joe Biden, Donald Trump
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