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Hillary Clinton aurait-elle approuvé en 2016 une campagne visant à discréditer Donald Trump en lui attribuant des liens avec la Russie? C’est ce que révélerait la déclassification d’une note de John Brennan, ancien directeur de la CIA, rédigée à la suite d’un «briefing» au Président Barack Obama.

Une semaine après la contamination de Donald Trump au Covid-19, un nouveau rebondissement dans une campagne électorale déjà mouvementée? Voilà que le directeur du renseignement national, John Ratcliffe a déclassifié hier 6 octobre une note non datée, signée du directeur de la CIA de l’époque, John Brennan, rédigée après un briefing pour Obama à la Maison-Blanche. Des écrits explosifs.

Clinton
© REUTERS / Aaron P. Bernstein

Selon ce document, John Brennan, aurait informé Barack Obama, alors Président, d’un plan esquissé par les conseillers en politique étrangère de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton, et «approuvé» par celle-ci, visant à lier et «vilipender» –selon les termes de la CIA– le candidat Donald Trump à la Russie. Pourquoi? Pour «détourner l’attention du public de l’utilisation [par Hillary Clinton, ndlr] d’un serveur de messagerie privé» pour ses emails professionnels.

En effet, durant son mandat de Secrétaire d’État, Hillary Clinton avait utilisé une adresse électronique privée, chose légalement interdite aux États-Unis. Cette affaire avait viré au scandale durant la campagne de 2016, car des emails de la plus haute importance stratégique avaient été reçus sur ce serveur non sécurisé. En juillet 2016, une enquête du FBI sur le serveur d’Hillary Clinton avait déterminé que plus d’une centaine d’emails contenant des informations classifiées avait transité par lesdits serveurs. Ce fut par exemple le cas de messages relatifs au très sensible programme d’attaques de drones de la CIA, notamment au Pakistan entre 2004 et 2018.

Collusion Trump-Russie, une diversion du clan Clinton?

La CIA aurait intercepté les informations sur la campagne visant Trump dans des échanges des services de renseignements russes.

«Nous obtenons des informations supplémentaires sur les activités russes grâce à [reste de la phrase expurgée, ndlr]. CITE [résumant] une proposition de l’un de ses conseillers en politique étrangère, qui aurait été approuvée par Hillary Clinton, pour diffamer Donald Trump en provoquant un scandale alléguant l’ingérence des services de sécurités russes», peut-on lire sur la note.

Cette note déclassifiée, et le référé d’enquête destinée au comité judiciaire du Sénat signé le 29 septembre dernier par Ratcliffe, sont désormais consultables dans leur entièreté:

​Les réactions ne se sont pas fait attendre. Côté Démocrate, on juge cette information peu crédible, cette note se basant sur des informations provenant des renseignements russes. Le Washington Post, dont Jeff Bezos est l’actionnaire majoritaire, a d’ailleurs titré à ce propos: «l’équipe de Trump croit les renseignements russes plutôt que les renseignements américains».

L’ancien directeur de la CIA tempère

Le premier intéressé dans cette affaire, John Brennan, ancien directeur de la CIA et auteur de la note, réfute d’ailleurs tout vice de procédure et tente de minimiser le scandale en décrédibilisant le directeur du renseignement national:

«John Ratcliffe est tout sauf un professionnel du renseignement. Il est consternant de constater sa déclassification sélective des informations. Elle est destinée à promouvoir les intérêts politiques de Donald Trump et des Républicains qui s’alignent sur lui», a déclaré l’ancien chef de la CIA sur CNN le 6 octobre. 

«Ce sont mes notes de la période 2016, lorsque j’ai informé le Président Obama et le reste de l’équipe du Conseil national de sécurité sur ce que les Russes préparaient. Je donnais des exemples des capacités d’accès aux informations russes de la communauté du renseignement américain et de ce dont les Russes parlaient et ce qu’ils affirmaient», a-t-il ajouté. Selon lui, les Républicains tenteraient «de présenter cette affaire comme une activité illégale», mais il n’en serait rien, affirme Brennan au micro de CNN.

Dans la foulée de la publication de la note de Brennan, Donald Trump a annoncé sur Twitter vouloir déclassifier tous les documents liés à l’enquête sur la collusion entre lui-même et le gouvernement russe. À moins d’un mois de l’élection, le 45e Président frappe fort.

À noter qu’au moment de la publication de cet article, seul ce dernier aspect de l’affaire retenu l’attention de la presse française, même l’AFP ne jugeant pas nécessaire de consacrer une dépêche au fond de l’affaire, qui a pourtant tout d’une «surprise d’octobre», du nom de ces coups de théâtre qui bouleversent régulièrement les campagnes présidentielles aux États-Unis.

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Barack Obama, Donald Trump, Hillary Clinton, CIA
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