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Qu’a dit la figure d’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, lors de son audition à l’Assemblée nationale? Comment qualifier juridiquement le type de répression qui a cours en Biélorussie? Éléments de réponse avec William Julié, avocat spécialiste en droits de l’homme et droit de l’extradition, pour le Désordre mondial.

Figure de l’opposition biélorusse et candidate malheureuse à la Présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa s’est adressée à la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale le 7 octobre dernier. Un discours qui faisait suite à sa rencontre avec Emmanuel Macron lors de sa visite officielle en Lituanie le mois dernier.

Le Président de la République souhaite que l’Europe s’implique dans la médiation pour mettre fin à la crise en Biélorussie. En effet, depuis le mois d’août, manifestations et répressions s’enchaînent dans le pays depuis que le Président sortant, Alexandre Loukachenko, s’est maintenu au pouvoir à la suite de son élection contestée d’août 2020.

Pour sa part, Loukachenko considère Tikhanovskaïa comme une «marionnette occidentale» qui tente de le démettre de ses fonctions. Le 7 octobre, les autorités russes l’ont inscrit sur une liste de personnes recherchées, apparemment en vertu d’accords de réciprocité avec la Biélorussie, Minsk ayant souhaité arrêter l’opposante.

Elle appelle de ses vœux la médiation française et souhaite que Macron pousse Vladimir Poutine à s’impliquer dans le dossier. Alors, qu’est-ce que Tikhanovskaïa a dit aux officiels français lors de son audition? Et quel rôle l’Europe et la France devraient-elles jouer?

William Julié, avocat spécialiste en droits de l’homme et droit de l’extradition, évoque une lutte de pouvoir:

«La Biélorussie est un peu prise entre l’Europe libérale et la Russie et il y a une question de ce qu’il y aurait comme financements potentiels d’un côté ou de l’autre. [Chaque camp, ndlr] pourrait lorgner sur la récupération d’un nombre d’entreprises biélorusses si tant est que le pouvoir s’écroule et qu’elles puissent devenir "accessibles au marché".»

L’avocat spécialiste des droits de l’homme réagit également aux actions du gouvernement biélorusse:

«On a des violations manifestes du droit pénal international. De plus en plus, lorsque je travaille sur des sujets d’exactions commises par des États dans le cadre de soulèvements populaires, d’appels à des changements de régime, il est question de savoir comment on peut qualifier ces crimes. Soit ce sont des infractions de droit commun, soit ce sont des infractions internationales –et je pense que c’est le cas ici–.»

D’après Me Julié, la situation en Biélorussie soulève des questions plus vastes:

«Je crois de plus en plus qu’il y a un appel des populations d’un grand nombre de pays, lorsqu’elles sont victimes de ce type de comportement criminel, qui sont de comportements de criminels internationaux –pour moi c’est une évidence–, d’un besoin de faire advenir une nouvelle catégorie juridique.»

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Svetlana Tikhanovskaïa, Alexandre Loukachenko, Biélorussie
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