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La présidence de Donald Trump –et son relatif isolationnisme– a fait naître des alliances auparavant inédites. Décryptage de Pierre Vercauteren, professeur à la faculté de sciences économiques, sociales, politiques et de communication à l’Université catholique de Louvain (Belgique), au micro de Rachel Marsden.

S’il y a un cadeau que Donald Trump aura fait au monde lors de son premier mandat, c’est bien la multipolarité. Et ce n’est peut-être pas intentionnel. L’establishment washingtonien en est clairement mécontent, mais sous Trump, Washington n’est plus autant le centre de l’univers qu’auparavant.

C’est en partie dû à l’utilisation excessive de sanctions à la place de la diplomatie, ce qui agace alliés comme ennemis. La préférence de Trump pour des guerres de tweets au lieu de guerres réelles a également réduit l’empreinte de l’Amérique à l’étranger –ou du moins la partie la plus visible de cet iceberg. Mais a-t-elle été remplacée par des éléments plus discrets? C’est la grande question. Et qu’est-ce qui pourrait changer si Joe Biden gagnait?

Pierre Vercauteren, professeur à la faculté de sciences économiques, sociales, politiques et de communication à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, explique l’impact de la politique étrangère de Trump sur la scène mondiale:

«Déjà, l’Europe poursuit ses efforts vis-à-vis de l’Iran, et cela se fait sans les États-Unis. L’Europe a une alliance objective avec la Chine et la Russie, ce qui n’était d’ailleurs pas envisageable auparavant. Plus les États-Unis se montrent imprévisibles sur un certain nombre de questions de sécurité, plus l’adhésion va s’accroître au sein de l’Union européenne pour se dire, "Gardons l’Otan autant que possible, mais le jour où ce ne sera plus possible, nous devrons agir par nous-mêmes".»

Le professeur réagit à l’idée d’une démondialisation qui serait la conséquence d’une présidence «America First»:

«Je suis frappé de voir à quel point il reste des tendances contradictoires qui semblent inciter dans un premier temps à de replis sur soi de la part de différents États […] Mais il y a un moment où les réalités d’interdépendances –qui existent dans le monde commencent à se renforcer de plus en plus– ont pour effet de voir des États qui veulent avoir un réflexe de cavalier seul, revenir d’une manière ou d’une autre à la table des discussions.»

Pierre Vercauteren souligne également un paradoxe du Président américain, qui affiche des positions anti-guerre:

«Trump a nettement renforcé le budget de la Défense. Pas tellement pour assurer une projection vers l’extérieur, mais parce que l’essentiel de son agenda est davantage en matière économique qu’en matière de politique étrangère et de projection de la puissance américaine à l’étranger.»

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Tags:
élection présidentielle, Joe Biden, Donald Trump, États-Unis
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