International
URL courte
Par
Campagne présidentielle 2020 aux États-Unis (71)
171390
S'abonner

Après la cacophonie du premier débat présidentiel, la commission bipartisane en charge de l’organisation du deuxième et dernier débat a décidé de modifier les règles. Ce qui n’a pas du tout plu au Président sortant. Au micro de Sputnik, Gérald Olivier, chercheur associé à l’IPSE, revient sur ce qui constitue pour lui une véritable injustice.

L’ultime passe d’armes orale entre les deux candidats à la présidentielle américaine suscite déjà des vagues de commentaires et de critiques alors qu’elle n’a pas encore eu lieu. En effet, les conditions dans lesquelles elle va devoir se dérouler, imposées par la commission bipartisane sur les débats présidentiels, sont violemment attaquées par le camp du Président Trump et l’électorat conservateur.

Pas de politique étrangère au menu

Ceux-ci reprochent principalement deux décisions à la commission qu’ils accusent d’être favorable à Joe Biden. La première critique concerne le choix de retirer de la liste des thèmes le sujet de la politique étrangère. Un choix particulièrement pénalisant pour Donald Trump, estime au micro de Sputnik le chercheur associé à l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) Gérald Olivier, auteur du livre Sur la route… de la Maison-Blanche: le dictionnaire des élections présidentielles américaines, paru en 2020 aux éditions Jean Picollec:

«Malheureusement, ce débat avantage considérablement Joe Biden. Quand vous retirez des sujets la politique étrangère alors que Donald Trump a réussi à faire signer un accord entre Israël et les Émirats arabes unis et Bahreïn –les premiers accords de paix au Proche-Orient depuis 26 ans–, vous privez le Président de pouvoir mettre en avant ces grands succès de politique étrangère.»

Le spécialiste des États-Unis note également que le 45e Président n’aura donc pas l’occasion de défendre sa renégociation en 2019 d’un grand accord commercial avec la Chine qui a été faite «au bénéfice des États-Unis».

Autre sujet central qui ne sera pas abordé: l’économie. Si les conséquences économiques du Covid-19 seront certainement discutées durant le segment dédié à la pandémie, le thème des politiques économiques des deux candidats ne sera pas abordé. Le Président sortant ne pourra donc pas défendre son bilan pré-pandémie, un des points forts de son mandat.         

L’affaire du fils de Biden, réel scandale ou coup d’épée dans l’eau?

Et au-delà du fait qu’il ne puisse pas défendre son bilan, peu de chances qu’il attaque son adversaire sur ses déboires allégués à l’étranger.     

«On supprime la politique étrangère des thèmes du débat alors qu’est en train d’éclater aux États-Unis un scandale lié aux activités du fils de Joe Biden [Hunter Biden, ndlr] lorsque ce dernier était vice-Président. D’autant que certains de ces éléments touchent directement la sécurité nationale du pays et qu’ils n’ont encore été invalidés par personne», s’indigne Gérald Olivier.

Outre-Atlantique, le scandale des e-mails de Hunter Biden, fils du candidat démocrate, largement relayé par les médias conservateurs et mis sous le tapis par les médias libéraux faute d’éléments concrets selon eux, prend de l’ampleur.

Dans un des e-mails rendus publics par le New York Post qui a révélé l’affaire, Vadym Pozharskyi, un membre de la direction de Burisma, remercie Hunter Biden de lui avoir permis de rencontrer son père: «Cher Hunter, merci de votre invitation à Washington et de cette occasion de rencontrer votre père», indique le document mis en ligne par le média conservateur.  

Pas d’interruption de parole possible pour les candidats

Pour le moment, l’équipe de campagne de Joe Biden essaye d’enterrer l’affaire en n’en parlant pas. Un aveu de culpabilité, pour l’entourage de Donald Trump et les médias conservateurs. Il n’aura pourtant probablement pas la possibilité de se servir de ce nouvel angle d’attaque lors du débat à venir ce 3 novembre.  

«C’est un scandale qui pourrait être énorme s’il était exploité, et on retire au Président Trump la possibilité d’en tirer parti lors du débat. Même s’il le fera certainement», prévient Gérald Olivier.  

Mais à quel point pourra-t-il appuyer dessus? Très peu. Une nouvelle modification a été ajoutée au déroulement du débat: le micro de celui qui n’a pas la parole peut être coupé à tout moment par les modérateurs afin qu’il n’y ait pas deux candidats qui s’expriment en même temps. Il peut donc aussi être désactivé si un des prétendants à la présidence décide subitement de dévier des sujets annoncés.    

Cette mesure a été décidée après la cacophonie qu’a été le premier débat au cours duquel les deux candidats se sont disputés continuellement sans réellement discuter des problèmes de fond. Adepte d’un style offensif et agressif, le Président sortant ne pourra donc pas couper la parole de manière intempestive comme il a l’habitude de le faire.    

Donald Trump et Joe Biden devront en conséquence tenter de convaincre les électeurs avec le temps qui leur est imparti sur ces six sujets: la lutte contre le Covid-19, la question raciale aux États-Unis, la sécurité nationale, le changement climatique, le leadership et les familles américaines. Ça promet…

Dossier:
Campagne présidentielle 2020 aux États-Unis (71)

Lire aussi:

Cinq morts, dont un enfant, et des blessés en Allemagne où une voiture a foncé sur des piétons - images
Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale
Cette photo prise dans une unité Covid-19 devient virale
Macron indique à quelle période aura lieu la première campagne de vaccination en France
Tags:
Joe Biden, Donald Trump, présidentielle américaine 2020
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook