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Un nouveau rapport de l’ONG Human Rights Watch met en cause les actions de la Russie et la Syrie à Idlib, évoquant de possibles crimes de guerre, voire contre l’humanité. Sur quelles bases? Analyse du colonel Alain Corvez, ancien conseiller aux ministères de la Défense et de l’Intérieur, pour le Désordre mondial.

Un signal d’alarme a retenti dans les médias, déclenché par une «boîte noire» à but non lucratif: l’ONG Human Rights Watch. Le sujet: la guerre en Syrie et un nouveau rapport de cet organisme qui cible les actions sur le terrain des forces syriennes et russes combattant Daech* et d’autres groupes djihadistes. L’ONG détaille de possibles attaques contre des cibles civiles, les qualifiant de «crimes de guerre manifestes et peuvent s’apparenter à des crimes contre l’humanité.»

Human Rights Watch est le successeur de «Helsinki Watch», fondé en 1978 et connu pour sa proximité avec les dissidents de l’ex-Union soviétique. Les travaux de cette organisation semblent tous pointer dans une direction: celle de la position néoconservatrice dominante. Ses dirigeants ont encouragé des changements de régime dans des pays comme le Venezuela, ce qui pourrait constituer une pente glissante vers de potentiels crimes de guerre, une perspective qu’un groupe de défense des droits de l’homme souhaiterait en principe éviter.

Au même moment, Human Rights Watch accuse certains gouvernements de commettre des crimes de guerre en se défendant contre les attaques de Daech* et d’autres djihadistes. Ces gouvernements –en l’occurrence la Syrie et la Russie– sont légitimes et agissent en vertu du droit international, mais ils s’opposent aux ambitions néoconservatrices et américaines.

Quelles sont les dernières accusations formulées dans le nouveau rapport de Human Rights Watch? Le colonel Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL) et ancien conseiller aux ministères de la Défense et de l’Intérieur, réagit au choix de l’ONG de s’en prendre spécifiquement à la Russie et la Syrie:

«Je rappelle qu’il y a un an, pour la reprise de Raqqa, sur l’Euphrate, les Américains et les Français ont bombardé aveuglément et il y a un colonel français, le colonel Lévrier, qui commandait l’artillerie française sur l’Euphrate, qui a écrit ensuite [à ce propos, ndlr]. Et la Revue Défense nationale a eu le courage de publier cet article dans lequel il disait que ce n’est pas comme ça que l’on gagnait les guerres, parce que chaque obus qui tombait faisait des ennemis.
On n’a pas entendu HRW se manifester au moment de Raqqa ni au moment d’Afrin. C’était encore antérieur, ces bombardements par l’armée turque, cette fois-ci, d’une zone kurde où ils ont massacré l’État kurde, dont doute beaucoup de combattants kurdes, mais ils ont massacré des civils.»

Mais que penser des accusations contre la Russie et la Syrie mettant en cause leurs opérations sur le terrain à Idlib? Alain Corvez se montre plus que réservé:

«Les armées russe et syrienne, dans leur offensive dans la zone d’Idlib, veulent tuer des terroristes. À quoi leur servirait-il sur le plan tactique de tuer des civils, des femmes et des enfants? Donc l’ONG veut utiliser le fait qu’il y a sans doute des victimes collatérales de ces opérations pour déconsidérer l’opération russo-syrienne.»

Le colonel français explique la réalité du terrain à laquelle les forces armées sont confrontées en Syrie:

«Il est évident que les terroristes se réfugient dans les villages, dans les habitations des gens, sans doute également dans les hôpitaux et dans tous les édifices administratifs. Et donc, il est vraisemblable que les Russes comme les Syriens ont voulu neutraliser les terroristes qui étaient dans des hôpitaux ou dans des habitations.»

La conclusion? Selon le colonel Corvez:

«Cette ONG, Human Rights Watch, est dans l’optique de justifier la stratégie de l’État profond américain et européen.»

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Russie, Syrie
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