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Le sommet du G20 le plus court de l’histoire en format en ligne avec peu de nouveaux engagements et les leaders «fatigués de Zoom», en interview exclusive à Sputnik, John Kirton, co-directeur et fondateur du G20 Research Group, fait son analyse des promesses et des propositions des gouvernements du G20.

La pandémie dicte ses règles durant toute l’année 2020, des annulations d’événements internationaux, la mise en pause des collaborations et des prises de décisions suspendues. Après le sommet du G20 qui s’est tenu officiellement en Arabie saoudite cette année, mais en format digital, Sputnik s’est entretenue avec John Kirton, co-directeur et fondateur du G20 Research Group, qui livre son analyse de ce sommet beaucoup trop court avec des leaders mondiaux «fatigués de Zoom».

Promesses 2020

Sputnik: Le sommet du G20 s’est tenu ce weekend à Riyad en format en ligne. Comment l’évaluez-vous et quelles promesses et déclarations les plus importantes ont été faites selon vous durant ces deux jours?

John Kirton: Le sommet à Riyad cette année consiste en 107 engagements déclarés en 12 pages par des leaders mondiaux, c’était le troisième chiffre le plus bas pour les 15 derniers sommets du G20, et la plupart de ces promesses ont été des promesses des leaders de continuer à faire ce qu’ils étaient déjà en train de faire, plutôt que de faire quelque chose de nouveau. Dans ce contexte, les déclarations les plus importantes ont été les promesses de faciliter l’accès au vaccin contre le Covid-19, de le proposer aux gens partout dans le monde de manière abordable et équitable, et ils ont promis qu’ils allaient soutenir l’OMS a appelé cela Accélérateur ACT (le dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre le Covid-19) et être sûr que tout sera accompli, mais ils n’ont pas promis de fournir le financement, qui est estimé à 4,5 milliards de dollars jusqu’à la fin de cette année, il ne me semble pas si compliqué pour 20 pays à y arriver maintenant et ici au sommet de Riyad.

​Une autre promesse, mais qui a été répétée depuis l’année dernière, est d’éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles à moyen terme. Pour la première fois, ils en ont parlé au sommet de Pittsburg en 2009, cela pourrait être bénéfique pour le système de santé, pour contrôler le changement climatique et pour éliminer la corruption, pour sauver beaucoup d’argent aux trésors publics et aux payeurs d’impôts des membres du G20, parce que les subventions éliminées pourraient être utilisées pour d’autres buts, et les gens ont besoin de plus à cette époque du Covid. Donc c’est bien qu’ils aient répété cette promesse, mais maintenant il faut comprendre quand ils vont se conformer à cela.

Une autre chose importante est la question soulevée de la viabilité de la dette, pour non seulement prolonger les limites de paiement pour les pays les plus pauvres mais aussi encourager les créditeurs privés à mettre en commun les efforts pour alléger la dette et même pour se débarrasser de certaines dettes.

Vaccin «abordable et équitable»

Sputnik: La question d’un accès plus facile au vaccin contre le Covid-19 a été soulevée à plusieurs reprises, quels pays, d’après vous, ont proposé quelque chose de concret et réalisable?

John Kirton: J’aurais commencé par les propositions des pays pour répondre, le directeur de l’OMS a répété à plusieurs reprises que d’après toutes les preuves scientifiques au monde nous devons vacciner un certain nombre de gens dans chaque pays et non pas toute une nation d’un pays. Et ce qu’on voit par exemple en Russie avec le vaccin Spoutnik V, c’est de faire passer en premier ses citoyens, comme les États-Unis de Donald Trump qui voudraient vacciner chaque Américain d’abord et seulement ensuite partager le vaccin avec tous les autres. Ils veulent même ne pas le proposer aux médecins mexicains travaillant dans la zone rouge, ce pays voisin, le Mexique est beaucoup plus pauvre et son peuple est plus susceptible de mourir du Covid-19 que les Américains, par exemple

Le nationalisme vaccinal est toujours d’actualité aux États-Unis, mais il y a aussi les autres pays qui pensent d’abord à leur propre peuple. Cela serait bien que les membres du G20 accordent une importante portion de vaccins aux peuples les plus vulnérables des pays les plus pauvres. Pour le moment, nous ne voyons pas d’attention claire et confirmée liée au vaccin dans le communiqué du G20.

Format en ligne

Sputnik: Cette année, le sommet du G20 s’est tenu en format en ligne. Selon vous, quels sont les avantages et les inconvénients de ce format? Pensez-vous que cela puisse être le début d’une nouvelle ère digitale pour la tenue de ce genre d’événements internationaux?

John Kirton: Il y a beaucoup plus de désavantages que d’avantages du format en ligne en ce qui concerne le sommet du G20. Le sommet d’urgence a été tenu le 26 mars en réponse au début de la pandémie de Covid et il serait très compliqué d’imaginer l’organisation d’un prochain sommet s’il n’est pas tenu en format digital. Rien que négocier avec les agendas de 20 leaders mondiaux avec leurs entourages et leurs équipes de sécurité, ce qui est toujours un moment très important dans ce genre d’événement. Alors que si vous le faites en format en ligne, la seule chose à faire pour ces leaders est d’être disponible pour un appel sur Zoom pour deux ou trois heures, ce n’est pas compliqué. Mais il y a une curieuse chose comme la «fatigue de Zoom», quand un sommet d’une telle ampleur est réduit à rester scotcher à l’écran et à lire un texte d’une page préparé à l’avance, sans savoir si les autres leaders vous écoutent même, où ils font semblant, ou ils sont sur leur téléphone, ou en train de faire encore quelque chose, vous pouvez juste parler dans le vide. Vous ne pouvez pas lire le langage corporel, vous ne pouvez pas regarder la personne dans les yeux, et surtout vous avez zéro conversation dans les couloirs, ou des rencontres spontanées entre les leaders pour revenir sur une question dont un autre avait parlé juste avant, nous n’avons rien vu de tout cela à Riyad cette année.

​Un autre inconvénient, c’était le plus court des sommets du G20, deux sessions de deux heures en deux jours, quatre heures en tout et une partie de ce temps pas tous les leaders étaient connectés, comme c’est l’un des seuls moments de l’année où ils peuvent discuter des crises actuelles et chercher des solutions, le fait que cela soit si court a été le plus gros des inconvénients du format digital. Pour comparer quand ils y sont physiquement, ils font en moyenne 24 heures de travail sur deux jours, c’est le minimum. Alors il reste encore 16 heures de travail qui n’ont pas été faites.

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